Dimanche 13 juillet 2008
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Il y a...
Le responsable, celui ou celle, qui après des années de dur labeur ou parce que sa compétence le prédestine à cela, prend en
charge un secteur de l'organisation. Le plus souvent bénévole parmi les bénévoles, il harangue ses troupes, pointe les retardataires, donne un coup de main à l'un, remplace une autre... Bref, il
est partout ! A l'accueil du public, il réorganise la billetterie et le contrôle des entrées, au bar, il est le seul à avoir la clé d'accès aux boissons de la réserve. C'est lui qui conduit
le groupe de la volante pour aller chercher les 25 chaises manquantes, comme c'est lui qui rend compte de son intervention pour régler tel ou tel problème matériel. Il est le responsable, homme
ou femme de confiance rompu à l'exercice qui le soir venant, toutes tâches terminées, termine sa soirée avec les autres, presque désœuvré, cherchant à paraître occupé alors que finalement, il lui
suffit de trinquer une dernière fois avant d'aller se coucher pour d'autres courses... remises au lendemain !
Il y a...
Les catherinettes ou gaterinettes chargées de devancer tous les besoins de la production et qui sont aux petits soins des
artistes, les gâtant, assurant la liaison entre eux et le festival. Elles sont deux, présentes 24 heures sur 24 ou presque, disponibles et prêtes à répondre à la moindre sollicitation, à la
moindre demande et des demandes il y en a, croyez-le ! Ici, une bouteille pour étancher une soif, un casse-croûte pour lui, une loge pour l'autre... rien n'est acquis et répondre ainsi au
plus juste est un tour de force quotidien qui s'agrémente du sourire de nos deux belles. Inséparables, elles arpentent les allées de la culture moissagaise avec cet œil gourmand et avisé qui les
caractérise, et, cependant, elles méritent tout autant que l'on s'arrête avec elles au coin d'un comptoir car leurs propos restent lucides et acerbes sur le devenir de leur fonction. Elles sont
la mesure des changements qui s'annoncent, thermomètre d'une exigence sans cesse renouvelée, qui nous porte à l'interrogation quand au devenir de cette manifestation.
Il y a ...
les Technicos, toujours dans l'ombre et même si l'artiste du moment prends sur lui de signaler au public leur présence pour
quelques applaudissements polis mais éphémères, ils n'en restent pas moins des travailleurs du silence. Electriciens, simples roadies ou ingénieur du son, régisseur de scène, éclairagiste et
technicien des lumières, monteurs, ils sont les précieux qui structurent les instants de spectacle. A la console, ils bataillent pour un meilleur son, comme en coulisse, ils s'activent pour
donner du sens aux besoins de la vedette du moment. Dés la sortie de scène, ils sont les premiers à grimper sur le plateau pour emballer, ranger, enrouler, mettre en caisse la précieuse
électronique, l'instrument du bassiste ou du pianiste. Ils se dépensent sans compter pour que rien ne transparaisse des réalités cachées du gala ou du tour de chant. Ils sont les meilleurs
complices du monde, patient ouvrier de la scène, de toutes les scènes...
Il y a ...
Les artistes, les grands et les petits si l'ont peut dire, puisque ici, ils et elles sont tous grands. Il y a cette porteuse de
mots qui déroule sa gentillesse depuis trois ans déjà à chaque festival. Il y a ce petit bout gracile à la voix puissante qui donne à rêver au détour d'une scène. Il y a ces trois, que l'on
croise à la gare avec leurs instruments s'excusant presque d'être à l'heure et qui une fois sur scène, emportent le public dans les délices des sons et des paroles. Il y a ce petit bout de nez
qui ravit les touts petits dans un jardin derrière une maison cossue, celui là qui conte et narre mille histoires et ceux là qui perturbent les légumes un matin de marché. Bref, ils sont divers,
graves ou drôles, célèbres ou inconnus, toujours grands dans le cœur des spectateurs. C'est peut-être aussi cela , la magie de notre bourgade et de sa volonté de construire un ensemble
autour de la voix bien différent des entreprises du marché, des marchands du temple. Même les plus connus d'entre eux apprécient cette pause dans le tourbillon des tournées et la grande scène,
comme l'apéro concert ou « l‘after » forment autant d'espaces à vibrer aux frémissements des ailes de notre beau papillon. .
Il y a...
Le public, gourmet plutôt que gourmand qui s'interroge et s'étonne à l'écoute d'untel ou d'unetelle. Le public, mot magique désignant
tout à la fois celui ou celle qui vient au spectacle comme son pendant qui voudrait s'y rendre et qui ne le peut pas. Le public, volatil et pressé qui réapprend le charme de l'attente et du
plaisir des mots portés par des voix profondes, des musiques inconnues et sans cesse renouvelées. Il est disparate, souvent exigeant, surpris la plupart du temps de s'être laissé conquérir par la
nouveauté, l'étrangeté, le hors normes des spectacles vivants qu'ils soient gratuits ou payants. Ce public qui confond parfois la scène en plein air avec la salle Pleyel et qui voudrait faire
taire l'orage qui gronde au loin au prétexte qu'il n'entend pas l'artiste du moment. Ce public, sans qui rien ne serait, qui oublie de se présenter au guichet, qui désespère l'organisateur, comme
il sait s'attirer les attentions de l'interprète, qui sur la scène lui renvoie le meilleur de lui-même. Ce public qui nous ressemble tant, qui vous ressemble et qui prend le temps d'accéder à
petit pas à tout autre chose que le contenu habituel des petites lucarnes télévisuelles. Ce public, que je voudrais foule encore plus compacte, à la diversité nombreuse, mais saura t-il être
toujours présent ?
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