En vers et en prose

Mercredi 4 février 2009 3 04 /02 /2009 22:28

A l’absente clarté,

J’ai retenu mes mots

Pour ne pas les perdre dans les méandres

Et pourtant, rien ne m’oblige à concevoir

Cela, l’aube et l’aurore

En une étreinte réunies sous la lumière.

 

 


Des fulgurances étoilées

Mon courage s’éprend de ta réalité

Au firmament des exils

Et des possibles émerveillés

Quand le sens du propos aiguise

L’ennui, pour ne pas le savoir envie.

 

 


Comment ne pas percevoir l’aura

Lumineuse naïade qui offre ton corps

A la concupiscence  des mes désirs

Au mitant de la vie et d’un lit

Peuplé de ce qui ne sera jamais

Que toi, ton mystère et ta volonté.

 

 


Et du rêve voyageur impénitent

J’engrange, et je perçois le mélange

De ces petits bonheurs abstraits

Comme d’un présent habile et discret

Qui illuminent ma conscience et ma joie

De ne savoir encore t’aimer.
Par Démocrite/Maximilien - Publié dans : En vers et en prose - Communauté : LA PLUME D'ECRIVAINS
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Jeudi 8 janvier 2009 4 08 /01 /2009 19:34

Un texte datant de la première intifada, publié en Avril dernier avec un zeste de prémonition....

Que tu t'appelles Sarah

Ou bien Fatima

Qu'importe ton prénom

La mort t'emporte en un sourire

Que de la pierre surgisse la colère...


Je ne saurai jamais,

L'exacte liberté

Une empreinte un visage

La montagne levée au bras de l'assassin

Que de la pierre surgisse la colère...


Mais je me souviendrai

La peur au ventre, de ta course

Une folle lueur dans leurs yeux

Les fusils braqués, prêts à tirer

Que de la pierre surgisse la colère...


Dans la nuit, je te verrai

Absente, dans ces rues

Sous la poussée de l'assaut

Le feu, les horreurs subites

Que des cendres surgissent les pierres...


Le lendemain, à l'actualité

Présente, sur tant de télé

Les os brisés, la chair béante

Des blessures jetées à mon visage

Que des cendres surgissent les mots...


Que tu t'appelles Sarah

Ou bien Fatima

Qu'importe ton prénom

La mort t'emporte sur un sourire

Que mes mots...

                  Mes mots servent de pierres... 
Par Démocrite/Maximilien - Publié dans : En vers et en prose - Communauté : Plaisirs d'écrire
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Jeudi 4 décembre 2008 4 04 /12 /2008 17:37
En cette fin d'automne brouillardeuse et pleine des grisailles du temps je me suis souvenu de ce texte propre à enflammer nos esprits et nos corps pour ne pas dire nos coeurs.

Le Mot et la Chose est un poème galant dû à l'abbé Gabriel-Charles de Lattaignant, également auteur d'une partie des paroles de J'ai du bon tabac.


Madame, quel est votre mot
Et sur le mot et sur la chose ?
On vous a dit souvent le mot,
On vous a souvent fait la chose.
Ainsi, de la chose et du mot
Pouvez-vous dire quelque chose.
Et je gagerai que le mot
Vous plaît beaucoup moins que la chose !
Pour moi, voici quel est mon mot
Et sur le mot et sur la chose.
J'avouerai que j'aime le mot,
J'avouerai que j'aime la chose.
Mais, c'est la chose avec le mot
Et c'est le mot avec la chose ;
Autrement, la chose et le mot
À mes yeux seraient peu de chose.
Je crois même, en faveur du mot,
Pouvoir ajouter quelque chose,
Une chose qui donne au mot
Tout l'avantage sur la chose :
C'est qu'on peut dire encor le mot
Alors qu'on ne peut plus la chose...
Et, si peu que vaille le mot,
Enfin, c'est toujours quelque chose !
De là, je conclus que le mot
Doit être mis avant la chose,
Que l'on doit n'ajouter un mot
Qu'autant que l'on peut quelque chose
Et que, pour le temps où le mot
Viendra seul, hélas, sans la chose,
Il faut se réserver le mot
Pour se consoler de la chose !
Pour vous, je crois qu'avec le mot
Vous voyez toujours autre chose :
Vous dites si gaiement le mot,
Vous méritez si bien la chose,
Que, pour vous, la chose et le mot
Doivent être la même chose...
Et, vous n'avez pas dit le mot,
Qu'on est déjà prêt à la chose.
Mais, quand je vous dit que le mot
Vaut pour moi bien plus que la chose
Vous devez me croire, à ce mot,
Bien peu connaisseur en la chose !
Eh bien, voici mon dernier mot
Et sur le mot et sur la chose :
Madame, passez-moi le mot...
Et je vous passerai la chose !
Par Démocrite/Maximilien - Publié dans : En vers et en prose - Communauté : Le jardin des Muses
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Samedi 29 novembre 2008 6 29 /11 /2008 12:29


         Vingt siècles, et d’inhumanité

Revenir sur les premiers pas

         Ces gosses

                  Cris vivants d’une blessure

Dans la vie des autres.


         L’injustice des taudis

         Pour un bout de soleil

         Un été qui déchante

         Vingt siècles et plus,

Et tant d’humanité ;

        

Sur le trottoir,

                  Le sang des espérances

Aux vitrines brisées.


         Une rue sans nom

         Qui arpente le malheur !

         Les exploits mécanisés ont de la graisse et …


         Ces gosses,

Perclus de sourires

         D’un petit rien,

                  D’un petit rôle d’amour.


Vingt siècles et…La porte s’ouvre…


Maximilien



Jusqu'où irons nous dans l'abject qui transforme un enfant, un adolescent en "Chien de guerre"?

 

Par Démocrite/Maximilien - Publié dans : En vers et en prose
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Mardi 23 septembre 2008 2 23 /09 /2008 18:12
Nous aurions dû...

A la faculté des hommes, licencier notre propos

Et rompre le charme des espérances

Dans les absences de notre cause

Ne te l'ai je point dit ma mie ?

Combien sont sombres les desseins des puissants


Nous aurions dû...

A la fatuité des hommes, réécrire notre histoire

Et refuser les mornes évidences

En des constructions fastueuses

Comment, nous n'en avions parlé, ma mie ?

Sont ils si bien absents les graves penseurs


Nous aurions dû...

A la bassesse des hommes, opposer bien plus encore

Et notre destin, et notre envie

Que rien ne perturbe, ni ne délie

Ne sens-tu pas ma mie monter le cri ?

Qu'ils se méfient, gens de paillettes et de dénis


Nous aurions dû...

Mais n'avons nous pas déjà gagné, devant les hommes

Et ce droit et cette expression sans crainte

Que d'autres nous jalousent, de n'être rien

Ne vois-tu ma mie, la victoire dessinée ?

Qu'ils s'en mordent les doigts de juste l'effleurer


Nous aurions dû...

Et la forme et le fond ne conviennent à mon écrit

Car sur la forme, ils ont perdu le peu de foi

Et sur le fond, nous sommes là, où ils seraient

Ne comprends tu pas ma mie, la vie si belle ?

Qu'ils en ont oublié la saveur et le suc


Nous aurions dû et nous avons su

Qu'à décrire l'instant, notre présent est plus fort

Plus grand et plein d'espoir, au delà d'eux...


 

Par Démocrite/Maximilien - Publié dans : En vers et en prose - Communauté : les auto-édités
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Vendredi 5 septembre 2008 5 05 /09 /2008 12:44

A qui voulais-je faire du mal ? A qui et surtout pourquoi ? Je ne sais pas, je ne sais plus ! j'ai mal partout et beaucoup en dedans, surtout en dedans, là où le docteur ne sait pas aller pour soigner.

Maman, elle dit que je n'ai besoin de rien et surtout pas du docteur qui veut que je raconte alors que je ne sais pas ce qu'il veut que je lui raconte. La maîtresse, elle, elle dit le contraire et elle ne veux plus que je fasse ça à l'école. Je l'aime bien ma maîtresse et je vois bien que je la rend triste des fois. Pourtant je ne le fais pas exprès, au non, jamais exprès car cela me fait si mal. Ca y est mes mains sont à nouveau libres, elles n'ont plus envie de frapper, griffer. Ma langue ne s'agite plus avec ces mots orduriers que je ne comprends même pas. Je respire mieux et ça ne cogne plus dans ma poitrine. J'essaye à nouveau les mots et je n'arrive plus à parler. Ma langue s'est collée à mon palais ! J'aime ces caresses dans les cheveux, mon pouce se réfugie dans ma bouche, mes yeux ne coulent plus, je recroqueville mes jambes sous moi et soupire en regardant autour de moi.

Le couloir est éclairé, la lumière est moins vive, je devine entre les jambes des personnes présentes, la présence de mes copains qui commencent à se rassurer. J'entends les conversations des grands et de multiples commentaires que je ne comprends pas. Il est encore question de moi, de ma crise.. Quelle crise ? Je laisse mes yeux mi-clos quand on me soulève à nouveau mais plus délicatement pour me porter dans mon lit, dans la chambre, avec mes amis. J'esquisse un sourire presque une grimace. J'ai un peu froid ! La douleur s'atténue, se met en sourdine et s'efface de ma mémoire. Je ne sais même pas pourquoi j'ai été comme cela, j'ai fait cela, j'ai dit cela... Je ne sais plus ! j'ai envie de dormir...


Je suis un petit garçon de huit ans et j'ai sommeil... Dormir ! Oui dormir, m'endormir maintenant...

Par Démocrite/Maximilien - Publié dans : En vers et en prose - Communauté : Les mots dans tous leurs états
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Mercredi 3 septembre 2008 3 03 /09 /2008 14:01
Je ne sais pas ce qui m'arrive mais je n'ai plus envie. En fait si, j'ai envie mais je ne sais trop de quoi. Je voudrais, je pourrais, je serais... La lumière se fait plus vive ! Et cet autre qui me regarde comme une bête curieuse, cet adulte que je ne connais pas de l'avoir trop souvent vu. Celui là même qui me dit non et encore non quand je voudrais le contraire. Ce non qui vrille ma tête et qui résonne comme les feux d'artifices l'autre soir avec maman, papa. Ce non insupportable qui se déchaîne en des milliers d'étoiles dans mes yeux quand je ne vois plus que lui, elle, je ne sais plus. J'ai envie de crier, et ma bouche profère ces insanités, ce torrent d'injures et de menaces pendant que mes poings se ferment à me faire mal sur mes ongles abîmés, sur mon impatience quand soudain, ma colère gronde, explose et mes gestes rencontrent l'autre à vouloir lui faire mal, le toucher pour prendre sa douleur en échange de la mienne quand je ne traverse que le vide, aveugle de ma rage. Il n'y a plus rien autour de moi que cet espace que je m'efforce de remplir de ma folie, donnant des coups de pieds, de poings, saisissant là un objet long et lourd dans mes petites mains, pour le porter sur l'autre qui recule puis revient, qui me cherche, s'approche encore et encore. La lumière blanche m'éblouis ! Mes jambes me portent en arrière, me contraignent à la retraite quand le sol semble se dérober sous moi emporté que je suis par d'autres bras, un autre souffle sur mon épaule et ma tête qui  va éclater, qui se redresse pour cracher sur ce visage que je connais pourtant, qui sourit malgré l'effort. Soulevé, je me retrouve au sol maintenu par cette force que je ne supporte plus et qui entrave mes mouvements, ma joue contre le carrelage, mes mains prises en un puissant étau quand mes jambes s'agitent encore et que je hurle ma douleur avant que... Avant que les larmes ne me montent aux yeux, me rendant à une cécité brumeuse. Je hurle encore et encore pour dire combien j'existe, combien j'ai mal à ma vie et combien je ne comprends pas pourquoi c'est moi qui suis là par t erre, misérable et convulsif. Une main s'aventure dans ma tignasse, des doigts s'alignent le long de ma nuque en une caresse irisant un instant mes nerfs à fleur de raison. Mes paupières s'emplissent d'une humidité qui se répand sur ma face bleuie par l'effort et mes mouvements se font plus sporadiques, les coups ne veulent plus atteindre leur cible et d'abord quelle cible ? A qui voulais-je faire du mal ? A qui et surtout pourquoi ? Je ne sais pas, je ne sais plus !....

(à suivre dans les prochains jours...)
Par Démocrite/Maximilien - Publié dans : En vers et en prose - Communauté : les auto-édités
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Samedi 30 août 2008 6 30 /08 /2008 19:28

Un retour avec l'envie de vous offrir ce texte issu de la rencontre avec ce petit d'homme....


Il a les yeux qui furètent sans cesse,

Le regard perdu dans le bleu du ciel

Comme une blessure, un anachronisme béant

Dans une agitation de circonstance


Il a la violence enfouie des colères retenues

Le geste saccadé dans un appel à l'aide

Pour un instant de refus, une plaie à l'âme

Dans un cri muet qui retentit dans le vide


Et ne savoir que faire, que comprendre

A l'interrogation de ses tourments,

Tenter aussi l'opposition de la raison

Sans jamais savoir, sans pouvoir prévoir

Et la réflexion se heurte à ses excès

Son absence de maîtrise pour ce corps

Qu'il martyrise dans un exorcisme brutal

Une cérémonie un temps renouvelée


Il a la folie qui le guette, proie facile

L'insatisfaction au détour de la vie

Comme ce besoin pressant, immédiat

Dans une cacophonie permanente


Il a de la souffrance, une innocence perdue

Le verbe haut avec les mots des grands

Pour ne pas les comprendre, les utiliser

Dans une survie de tous les instants


Il a...

Il a huit ans et parfois bien plus....

 

Par Démocrite/Maximilien - Publié dans : En vers et en prose - Communauté : Plaisirs d'écrire
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Vendredi 4 juillet 2008 5 04 /07 /2008 10:14

Tu n'as trouvé que de bien tristes,

O tristes histoires à raconter.


Comme d'un dégel qui hante les routes :

Misères

Splendeurs

Sur un pavé de taudis

Quelques part au bout d'une rue !


Tu n'as trouvé que de bien tristes,

O tristes réalités à vivre.


Comme les mots des hommes qui n'ont pas de partages :

Ni de raisons

Qu'ils disent

Ils en avaient jadis

Prophètes en d'autres mondes !


Et toi sénile de bien être

Qui arpente le désert de l'ennui,

Qu'as tu de nouveau à leur dire ?

Par Démocrite/Maximilien - Publié dans : En vers et en prose - Communauté : LA PLUME D'ECRIVAINS
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Samedi 28 juin 2008 6 28 /06 /2008 11:06
La goutte pendouille puis se détache enfin de ce nez qui peine à renifler de nouveau cette perte d'eau. Elle tergiverse un  peu et dans le déhanchement de son propriétaire, elle vole et s'écrase sur le bitume noircit et humide.

D'ailleurs tout est humide, même pas froid, juste aqueux et désagréable mais il ne semble pas s'en apercevoir, penché qu'il est sur son guidon, arc-bouté sur ses pédales en un effort de plus pour hisser sa grande carcasse au sommet du raidillon. Tout est humide et des champs proches monte la brume écumeuse et brouillardeuse qui épaissit le jour, rend caverneux les soupirs de notre héros. La ballade lui est pourtant familière et il sait quand il doit changer de braquet, quand il faut que ses jambes s'alourdissent sur l'engin pour que ce dernier se propulse encore plus haut sans que l'équilibre précaire acquis ne lui fasse défaut. Il sait tout cela et plus encore, puisque c'est dans ce besoin de pédaler qu'il retrouve des rêves que son sommeil lourd lui interdit chaque nuit. Il sait combien c'est bon de rêver éveillé même si cela est au prix d'une danse avec la machine.

Le cadre gémit sous la poussée, il ahane, se déporte pour placer quelques coups en danseuse et enfin... aperçoit le sommet de la côte !

Je sais que je peux y arriver !

Cette côte je l'ai déjà faite maintes et maintes fois... C'est bien de sentir ses muscles se tendre, ses os craquer sous l'effort et cette montée d'adrénaline, cette chaleur qui envahit le corps et participe au moral. Maudit brouillard ! C'est extraordinaire, car en partant, la clarté du jour avait cette saveur d'automne que j'aime lors de mes promenades. Les arbres se distinguaient encore et je voyais nettement les nuances colorées des fruitiers qui perdent déjà leurs feuilles. Je n'ai pas encore perdu mes cheveux, pourtant à mon âge, j'en connais d'autres qui sont déjà à l'hiver de leur chevelure. Moi, je garde les miens, blancs, soyeux et courts comme pour ne pas gêner le casque que je visse deux à trois fois par semaine pour ma ballade. J'aime cette ballade ! Aller, c'est maintenant qu'il faut que j'appuie sur ma bécane...Aller mon pépère, c'est maintenant que tu vas l'avoir, comme d'habitude...

J'ai toujours dit que le jour où je calerai dans cette côte, je serais bon pour le cimetière. Ce n'est pas demain la veille ! Le brouillard s'épaissit. Il doit y avoir un banc de cotonnade qui stagne à l'arrivée de la montée ou alors c'est cette condensation qui me colle à la peau et qui m'empêche de voir le bout d'asphalte de couleur différente qui marque la fin de mon calvaire vélocipédique. C'est toujours quand j'aperçois la bande ocre du raccord bitumineux effectué par je ne sais quelle entreprise que je sais que l'arrivée est proche. C'est un peu le catalyseur qui me donne l'occasion de ralentir et de doser mon effort en reprenant de ce souffle qui me fait défaut parfois.

Je sais que j'y suis arrivé !

Je n'ai plus qu'à respirer à nouveau, puiser dans ce souffle rauque l'oxygène qui me manque presque mais qui trouve son chemin jusqu'aux alvéoles, se charge sur mes globules et se disperse pour apaiser la douleur qui fuse dans chacun de mes membres. Un sourire s'esquisse au coin de mes lèvres et mentalement je recompte le nombre de fois où j'ai franchit cette épreuve depuis le début de l'année : au moins... je ne sais plus, et puis cela n'a pas beaucoup d'importance car une fois encore, c'est fait ! Le brouillard est décidément très épais, je n'aperçois plus le chemin vicinal.

J'aime bien cette route au printemps. On y accède aussi par derrière la maison et c'était le lieu privilégié des promenades de ma tendre et douce. Je dis c'était, car cela fait déjà... déjà combien ? Je ne sais plus ça non plus ! Je sais que j'ai porté ses cendres dans ce vallon des Pyrénées comme elle le souhaitait, au pied de ce pic dont je ne me souviens plus le nom avec ses deux sommets jumelés. Cette route est un peu la sienne et à chacun de mes passages je pense à celle qui fut ma compagne et qui le reste sans nul doute au delà de... J'aime bien cette route qui domine notre vallée avec ses arbres. Tiens la douleur est plus pugnace que d'habitude et ce brouillard qui m'empêche de jouir du spectacle de ces couleurs mordorées que j'affectionne. La douleur est encore là, un peu plus aigu et j'ai maintenant l'impression que la nuit tombe, qu'il fait noir. J'entends le bruit du patin de freinage sur la jante, je porte la main à mon bidon pour étancher ma soif, pose un pied à terre, tourne la tête, et... Je suis arrivé !

La ballade n'a jamais cessé et ne cessera jamais. Son sourire s'est figé et ses yeux aveugles explorent sa mémoire en de multiples tours de roues. Huit ans déjà, qu'il est dans cette maison, huit ans qu'il arpente les recoins de sa vie dans l'immobilité de son fauteuil, roulant. C'est ce jour là, dans la mille deux cent trente troisième montée, à quatre vingt trois ans que son cœur a lâché sous un beau soleil d'automne. Les pompiers, alertés par le voisin ont pu le sauver. Depuis, il n'a jamais cessé de pédaler... La tête dans le brouillard !

Moissac le 9 juin 2008
Par Démocrite/Maximilien - Publié dans : En vers et en prose - Communauté : les auto-édités
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