Chroniques

Jeudi 15 mai 2008 4 15 /05 /2008 21:18
Ils sont nombreux et en partie fort égrillards de se retrouver pour cet anniversaire dont les médias nous rabâchent les oreilles de temps d'antenne en colonnes de journal. Et pourtant, il y aurait tant à dire de cette commémoration qui ne veut pas dire son nom, entre les uns qui se souviennent et les autres qui la redoute.
En effet, personne ne peut se prétendre « Dany le Rouge » et dans l'anonymat des explosions sociales, ils et elles sont nombreux à battre le pavé plutôt que de le lancer à perdre haleine. Car des cris il y en eu pour exprimer la souffrance contenue de ce monde qui n'en finissait pas de devenir celui que nous connaissons aujourd'hui. Je ne sais pas vous, mais à chaque anniversaire, il y en a toujours un pour rappeler les souvenirs, les bons comme les mauvais et aujourd'hui, j'ai la vague impression que seuls les mauvais ont l'honneur de la une. On parle d'untel, de bidule et de machin, de l'hypothétique place prise par trucmuche quand au bout du compte on mesure le devenir de ceux qui ont voulu un temps faire l'histoire, on s'aperçoit avec désolation que les révolutionnaires d'hier sont devenus les apôtres d'un aménagement du libéralisme autrefois combattu. Mais je m'égare ! je n'ai pas fait 68... Du moins pas comme on l'entend habituellement. Je n'étais qu'un gamin ballotté entre les amis et les... amis pour permettre à mes parents de faire une révolution qui n'a pas su dire son nom.
C'est bien plus tard que j'ai goûté aux délices de la libération des esprits et des corps de cette époque.. Mais il s'agit là d'une autre histoire ! L'anniversaire du moment est plus un concept philosophique qu'une vraie marque sur les livres d'histoire. Le temps est venu de mettre en exergue les avancées d'une fièvre sociale qui n'a de sens qu'au regard des réalités de notre monde aujourd'hui.
Il faudrait tout remettre en chantier pour retrouver cet esprit frondeur qui prévalait en 68, et si j'osais je dirais même que nous devrions construire une autre forme de vie pour ne pas se satisfaire de si peu. Qui oserait prétendre que nous vivons mieux ? Qui ? Sûrement pas ceux qui défilent dans la petite lucarne, les obligés comme les héritiers qui côtoient les anciens, ceux qui l'ont fait !!!
A croire qu'en ce joli mois de mai, ils n'y avaient qu'eux... Pourtant, vous y étiez vous aussi, à votre manière et cette année 68 est surtout la vôtre... Ne la laissez pas se morfondre en de vaines cérémonies!

 

Démocrite

13 mai 2008, 40 ans après la grande manifestation.

Par Démocrite/Maximilien - Publié dans : Chroniques - Communauté : Plaisirs d'écrire
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Jeudi 24 avril 2008 4 24 /04 /2008 17:55
Il est toujours réjouissant de mesurer combien nous sommes encore attachés à l'Art ; vous savez celui qui offre du plaisir à nos sens sans pour autant que nous ayons à rémunérer ce moment volé à l'éternité. Car il s'agit bien d'éternité, même éphémère (et je vous fais grâce des contradictions) que de s'apercevoir combien la création est féconde quand elle s'expose dans les rues de notre ville. Cette fin de semaine en était l'illustration vivante et l'inventivité des exposants n'avait aucune limite si ce n'est celles qui président à l'espace occupé par chacun dans l'art qui est le sien. De poteries en bijoux, de sculptures ferriques ou féeriques en tableaux exposés dans une chapelle, l'art avait pris possession de la cité. Je suis le premier à m'en réjouir même si je peste de ne voir que peu de nouveautés dans l'expression quotidienne de mes concitoyens.
J'en viens parfois à m'interroger sur le rôle marchand que l'on veux bien faire jouer à la création. Car ils ou elles sont peu nombreux à ne pas mettre en avant le prix de telle ou telle œuvre même si un artiste qui a le ventre vide est voué à la faim ou à la fin. En fait, c'est dans ce genre de manifestation que l'on rencontre ce sculpteur de fer, cet animateur radio qui joue avec les mots et les sons, ce dessinateur de l'instant sur le pavé, cette main d'où jaillit la cannette, comme monte la glaise avant le four, cette voix qui ressuscite le chant d'un passé profond... Tous autant qu'ils sont, plus bénévoles que marchands du temple, plus animateurs d'un jour qu'engoncés dans leur tour d'ivoire.
Un de mes regrets est de ne pas pouvoir essayer toutes les teintes de cette palette des expressions humaines et de ne pas voir se côtoyer l'art du quotidien avec l'art de l'exception puisque les deux ne se croisent que bien rarement à mon sens et encore en des circonstances tellement fortuites.
Peut-être cela serait l'essence du populaire qui manque à nos yeux profanes et aveuglés ? Et les allées du marché ont gardé la multitude des visages.
Quand à la création, elle peinait à capter le regard des passants. En ce dimanche matin, le cochon avait la part belle sur les étals et avait les yeux de Chimène pour les ménagères alors que bien maigres étaient les recettes des artistes dans la rue contiguë. Dans ce monde injuste qui ne laisse en partage que la misère et les fins de mois difficiles, le combat reste inégal et l'art ne nourrit malheureusement pas autant que le c....


Démocrite le 22 Avril 2008

 

Par Démocrite/Maximilien - Publié dans : Chroniques - Communauté : LA PLUME D'ECRIVAINS
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Dimanche 30 mars 2008 7 30 /03 /2008 10:17
Et voilà, c’est reparti, sur nos routes empoussiérées, se dodelinent ces petites bêtes non pas à poils ni à plumes mais à piquants que l’on nomme communément hérissons. Mâles ou femelles, petits ou grands, ces grands pourfendeurs de couleuvres, insectes et autres viscosités rampantes ont le chic et le choc pour surgir du bas côté sous nos roues crantées. Immanquablement le résultat ressemble à une bouillie informe d’où émerge de ci de là, un museau, une patte figée dans la mort motorisée.
Je n’ai pas de tendresse particulière pour ces animaux, si ce n’est que je tente de les respecter pour leur contribution à dame nature et que je regrette profondément que leurs pas menus les portent systématiquement sur nos départementales asphaltées à leurs risques et périls. Le péril est bien souvent le lot de ces charmantes bestioles. Par ailleurs je ne résiste pas au plaisir d’un audacieux parallèle entre cette existence vouée à la recherche d’insectes et à la notre tout aussi périlleuse quand à la somme des dangers qui nous guettent sans cesse : guerres, maladies, accidents, tromperies et autres inventions dont l’Homme a le secret. Nous passons tellement de temps à vouloir traverser la vie avec nos aveugles passions que nous avons parfois du mal à voir le transport qui nous écrasera au mitant du parcours.
Notre besoin affiché de battre sans cesse des records de vitesses, de richesses, de pouvoirs nous fait oublier le sens même d’une vie trop souvent ternies par les vicissitudes du quotidien. Pareil au hérisson qui s’empresse à traverser sans se soucier du monstre métallisé qui se présente au loin, nous avons une propension extraordinaire à courir après notre perte sans jamais prendre le temps de regarder à droite, à gauche avant de nous engager.
Le hérisson signe une fois sur deux sa perte ! Puissions nous ne pas faire de même et nous préserver de toute illusion quand il s’agit de traverser le gué ! Puissions nous montrer autre chose que nos piquants pour exister ! J’ai ramassé le cadavre du hérisson mort devant mon portail, et pour ne pas laisser au bord de la route ceux qui n’osent franchir le pas, je vous invite à construire un monde où personne ne sera écrasé, écarté, oublié en chemin.
Ce hérisson a cessé de vivre et n’a pu se défendre malgré ses piquants et ses pattes étaient mues d’une dernière pulsion à son agonie. Gageons que les hommes et les femmes que nous côtoyons chaque jour se choisiront enfin un autre destin et qu’ils refuseront l’inéluctable pour ne pas être un jour… au bord d’une route !
Les violons jouaient un air joyeux de Johann Strauss, une valse, je crois ! Et nous nous souvenons de cette autre guerre…

Démocrite
Par Démocrite/Maximilien - Publié dans : Chroniques - Communauté : les auto-édités
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Mercredi 26 mars 2008 3 26 /03 /2008 19:06

Je ne dirais jamais de mal du travail des personnels soignants et non-soignants des hôpitaux publics que j’ai eu à croiser dans ma vie et je crois que plus d’un peuvent remercier ces anonymes pour le travail remarquable accompli parfois dans des conditions exécrables. C’est un de mes amis qui ne jurait que par son refus de fréquenter l’hôpital de proximité qui, aujourd’hui, pourrait le mieux témoigner de la prise en charge dont il a bénéficié. Cet ami est toujours vivant et pourtant longtemps il a nié le « besoin de santé », préférant s’estourbir la tête dans une vie pas toujours rose. Son regard a évolué, disais-je mais pour combien de temps ? Non pas que mon ami se mettrait à changer d’avis après une telle épreuve… Simplement, il pourrait se retrouver un jour à ne plus pouvoir accéder à des soins pour poursuivre sa remise en état par disparition pure et simple de ce qui l’a sauvé aujourd’hui et qui demain lui demandera un effort de quelques dizaines de kilomètres en plus… si les secours arrivent à temps.

Car il ne faut s’y tromper, ce qui se joue dans l’ombre des bureaux parisiens est bien la mort programmée de nos unités de soins à taille humaine. En effet, comme l’exprime parfaitement bien le Dr Grimaldi, grand ponte de la Pitié-Salpétrière à Paris*, nos gouvernants ont décidé de « tuer l’hôpital public » et son analyse mérite votre lecture.

Nous sommes là, loin des grands débats sur l’euthanasie qui secouent notre pays et l’arbre masquant la forêt, force est de constater que le budget conçu et la fameuse tarification à l’acte qui sera mise en œuvre par notre gouvernement va conduire à la fin de la santé publique en France.  Notre hôpital ne pourra se soustraire à ce rouleau compresseur qui verra se fermer tous les services jugés non rentables par les autorités dont la mission n’est, ni plus ni moins que de livrer ce secteur aux assurances et aux grands groupes d’investisseurs, ses fonds de pension spécialisés dans la santé. Déjà, nous assistons à un regroupement par capitalisation, rachats de toutes les cliniques petites ou grandes qui présentent un intérêt pour les requins de la finance. C’est le cas d’une célèbre clinique montalbanaise qui vient d’être rachetée, c’est encore le cas aussi  pour d’autres moins connues. Ces regroupements sont d’ores et déjà jugés rentables avec des personnels soumis à des obligations de services et des cadences infernales.

En quoi, cela affecte t-il notre petit hôpital à dimension humaine ? Et bien, avec ce principe qui veut que le budget des établissements est prévu en fonction du nombre d’actes enregistrés, les pathologies légères mais rémunératrices vont être orientées vers le privé et les pathologies lourdes dispensatrices de temps vers l’hôpital public dont la fonction première est d’accueillir tous les malades… Nous voyons même depuis quelques temps, des malades opérés dans le privé, mis « à la porte » au bout de 3 à 5 jours, revenir dans le public à la suite de complications post opératoires. Les premiers ont encaissé le chèque de la sécu et les seconds n’ont plus qu’à soigner parce que c’est leur mission.

Ce n’est plus Hippocrate, c’est Hypocrite !

Et nous laisserions faire cela ? Besoin de santé ? Qui a dit qu’il fallait avoir la santé ?

Démocrite le 26 mars 2008

|->http://moissacaucoeur.elunet.fr/]


* [->http://www.monde-diplomatique.fr/2008/02/GRIMALDI/15627]

Par Démocrite/Maximilien - Publié dans : Chroniques - Communauté : les auto-édités
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Mardi 25 mars 2008 2 25 /03 /2008 22:24
« Nous sommes nés des étoiles, poussières d’étoiles » aime à répéter Hubert Reeves, astrophysicien de son état* et je me plais à le croire quand j’observe l’immensité du ciel un soir de printemps. Dans sa pensée, le philosophe et humaniste n’aborde pas cette réflexion au travers du filtre de la religion et il ne sous-entend pas que notre statut est synonyme d’insignifiance, bien au contraire et le concept « tu es né poussière, tu redeviendras poussière » n’a ici pas lieu d’être. Plus prosaïquement, il est question de la place de l’homme dans l’univers et de son originalité qui pousse parfois certains qui se veulent créationnistes, à réinventer l’histoire de l’univers à des fins partisanes.
Oui,
nous sommes poussières d’étoiles car nous sommes de la même matière que les étoiles, nos atomes ont les mêmes origines et il n’y a en cela que la formidable mise en œuvre de forces énergétiques d’une puissance incomparable qui façonne encore et toujours notre univers, qui le porte en une expansion sans fin, qui nous éloigne autant du Big Bang originel qu’un jour il nous en rapprochera (E=MC² disait Albert Einstein). Alors, du haut de notre minuscule planète, fût-elle encore bleue vue de l’immensité galactique, n’aurions nous pas besoin de mesurer enfin combien nous sommes riches ? N’aurions-nous pas besoin de conserver notre espace vital, La Terre, support de notre vie dans les meilleures conditions possibles ?
J’ai toujours pensé qu’il y avait un lien très fort entre l’organisation de l’univers et les sociétés que les hommes se bâtissent : un lien inversement proportionnel à la durée des civilisations puisque ces dernières ne représentent rien à l’échelle du temps universel. Alors, quand j’écoute de doctes personnages gloser sur l’importance de telle ou telle chose de la vie courante, je me prends à relativiser et je vous invite à prendre le recul qui s’impose, à regarder le ciel, à repérer les étoiles qui brillent au firmament de notre pensée et à construire la vie qui vous convient le mieux en se disant que même poussières, nous valons mieux que ceux qui prétendent régir notre vie.
Quand nous agissons pour préserver notre milieu naturel, notre environnement, quand nous choisissons de construire plutôt que de détruire, quand notre intelligence se met au service des êtres vivants, de tous les êtres vivants de notre planète, nous prenons une valeur incommensurable.
Quand nous saurons modeler le monde autrement qu’en termes de production, de profit, de rentabilité, nous serons ces poussières capables un jour d’atteindre les étoiles et de partager un peu de la lumière qui brille en chacun de nous.

Auteur entre autre de « Malicorne » et « Mal de Terre » parmi les derniers ouvrages parus aux éditions Le Seuil
Par Démocrite/Maximilien - Publié dans : Chroniques - Communauté : LA PLUME D'ECRIVAINS
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Jeudi 20 mars 2008 4 20 /03 /2008 08:16

undefined Un à zéro, et la balle au centre pour un nouvel engagement. C’est le sens du vote des producteurs de camembert en Normandie qui ont mis en échec les multinationales Lactalis et d’Isigny Sainte Mère qui se gaussaient de pouvoir vendre du camembert à partir de lait pasteurisé*. De fait, si vous aviez bien observé, il était devenu impossible de trouver du véritable camembert dans les rayons de nos supermarchés préférés. Au début de cette homérique bataille, les industriels laitiers avaient prétexté une impossibilité d’exportation vers les USA (vous savez ce pays où nous sommes désignés sous le sobriquet « les fromages qui puent » !) au motif que les denrées non pasteurisées présentaient un risque de santé publique. Les vaches normandes en rient encore !…

Cependant, force était de constater que depuis, le fromage au lait cru avait disparu et il fallait de la patience et de l’envie pour dénicher un « coulant baraqué » de bonne facture à un prix raisonnable. En revanche, ces messieurs à la tête de leurs usines à produire des obèses inondaient et inondent encore le marché de fromages dit camembert, dans lesquels ils ont mis de nombreux agents de saveur et de texture pour faire oublier l’insipidité du lait pasteurisé. Et derrière cette manœuvre, que l’on ne s’y trompe pas, c’est bien la longévité en rayon qui était visée. En effet, un fromage au lait cru doit se vendre plus rapidement qu’un autre au lait pasteurisé qui supporte mieux un séjour en magasin. Les grandes laiteries sont alors obligées de déployer une logistique plus coûteuse en camions réfrigérés plus petits pour des livraisons plus fréquentes.

C’est un peu contre tout cela que les producteurs normands  ont choisi d’enrayer en se prononçant pour un retour à un fromage plus traditionnel que les consommateurs vont retrouver bientôt dans les caddies pour le plaisir des papilles. Je ne sais pas comment il faudra les en remercier. Peut-être tout simplement en dégustant un bon « calendos », avec un verre de coteaux du Quercy pour le plaisir des saveurs.

L’AOC est donc pour l’instant sauvé, mais gageons que ces grands pontes industriels ne vont en rester là et qu’il faudra continuer à accompagner les associations de consommateurs et les producteurs dans leur combat pour un goût authentique et à la portée de toutes les bourses.

Alors, risque de Listéria ou non, je vous appelle, fidèles lecteurs à exiger un camembert AOC qui ne sera pas fait à partir de lait thermisé (c’est toujours écrits en tout petit sur les boites…). Ce combat en vaut un autre car il est emblématique de cette propension qu’on les industriels à vouloir nous faire sans cesse « bouffer de la m… ». Désolé cela m’a échappé !

Démocrite le 19 mars 2008

*in l’article http://www.lefigaro.fr/societes-francaises/2008/03/19

Par Démocrite/Maximilien - Publié dans : Chroniques - Communauté : Vive le désordre !
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Mardi 18 mars 2008 2 18 /03 /2008 21:04
undefined Non ce n’est pas le titre du dernier film de… C’est juste l’envie de montrer aux lecteurs combien il existe d’espaces entre le discours dominant et la triste réalité des choses. Je me souviens d’un presque slogan qui vantait le travail plus pour gagner plus. En soi, cela pouvait apparaître alléchant et cette idée en valait bien une autre en l’absence de prise en compte sérieuse des réalités salariales dans notre beau pays. De décrets de loi en passant par des circulaires diverses, des textes officiels et recommandations en tout genre agrémentés d’une loi, le dispositif, à défaut d’enrichir les futurs récipiendaires avait le mérite d’exister, sauf que…

Sauf que, les effets d’annonces aidant, il y a un secteur qui va travailler plus et sans pour autant gagner plus. Je veux parler ici des enseignants et plus généralement des personnels de l’éducation nationale. En effet, les dispositifs légaux en la matière vont être sans conséquence et pire encore, l’augmentation du nombre d’heures supplémentaires au détriment du nombre de postes d’enseignants (pour rentrer dans les objectifs fixés de suppressions de fonctionnaires !) va accentuer la pression sur les épaules des profs sans pour autant que cela ne leur rapporte plus puisque les heures supplémentaires ne feront pas l’objet de la même revalorisation que pour l’ensemble des autres salariés. Et là est toute l’astuce digne d’un Arpagon moderne, les enseignants seront les seuls de la fonction publique à ne pas avoir la revalorisation de leurs heures supplémentaires imposées par leur patron. Qui a dit que la défaite de M. Darcos à Périgueux est méritée lève le doigt?

Il en est ainsi au royaume des illusions perdues qui voit fleurir la gaudriole gouvernementale et les tours de passe-passe post électoraux avec l’esprit revanchard de gens qui n’ont finalement que du mépris pour les soldats de la république, les hussards comme disait un président de la IVème république, je crois… Car enfin, accepteriez vous de travailler en heures supplémentaires sans être payé ?

Gageons que la raison aidant, les enseignants refuseront le piège mettant ainsi l’état face à ses responsabilités et en demeure de recruter les profs dont nos écoles ont besoin…

Démocrite le 18 mars 2008 

 

 
Par Démocrite/Maximilien - Publié dans : Chroniques - Communauté : LA PLUME D'ECRIVAINS
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Lundi 17 mars 2008 1 17 /03 /2008 18:29

undefined Il y des soirées qui offrent des tranches de vie dont vous ne soupçonnez même pas les réalités. J’en veux pour preuve cette soirée de dimanche que d’aucun qualifie de soirée électorale et qui au travers de l’excitation contenue de tel ou tel présentateur, de telle ou telle faire valoir journalistique poudrée, nous donne un condensé de tragédie humaine à nul autre pareil.
Au fur et à mesure que se dévidaient les résultats en bandes coulissantes au bas de l’écran, les supporters de chaque camp pointaient du doigt les scores pour lesquels ils avaient encore quelques espoirs ou quelques craintes. Les invités prenaient place, l’air déjà chagrins ou réjouis, et avec cette faconde qui sied à des personnages importants, ils prononçaient de doctes pensées dans un débat que personne d’ailleurs ne semblait suivre.
Les interruptions se faisaient plus précises quand une à une les dépêches annonçaient les chutes et les prises des villes présentant un intérêt sur l’échiquier politique. Et puis je me pris au jeu, non pas que je sois perméable aux discours de certains mais plus par envie de voir jusqu’où les perdants (puisqu’il en faut aussi !) iraient dans leur mauvaise foi lisible et risible et jusqu’où à l’inverse les gagnants (ou supposés tels) poursuivraient leur avantage sur les premiers.
Le combat fut bien morne et nul ne sortis vainqueurs ou plutôt si, il y eu de nombreux perdants, ceux là même qui pensaient encore tirer de ces augustes personnages des envies de poursuivre les combats auxquels ils croient encore.
Le présentateur de cette chaîne fut remplacé par un autre d’une chaîne concurrente au gré de mon zapping infernal et les heures sonnaient déjà la litanie de l’ennui quand le frais minois de Marion Cotillard vint égayer la lucarne malgré la noirceur des sentiments qu’elle déployait dans cet opus du 7ème art. D’une image l’autre, l’effet était plaisant et les déchirements de l’héroïne rendaient encore plus vivant les vivats d’une foule, les remerciements d’un ou une candidate, les commentaires des micros de service tendus à bras corrompus dans les lumières des hôtels de ville provinciaux.
Et puis, je m’aperçus que dans le scénario, il manquait quelqu’un et même quelqu’une, cette personne anonyme qui a fait ou défait les majorités de l’instant, ce peuple absent du débat et pourtant si présent malgré les ego des vedettes sous les projecteurs.
Car après tout, n’est ce pas pour lui et en son nom que les futurs édiles ont concourus au marché des élus en tout genre ? N’est ce pas pour lui qu’au soir des résultats, les uns n’auront plus que la tête dans les futures responsabilités pendant que les autres ressasseront l’amertume de la défaite ? Absent le peuple, oui un peu trop à mon goût et c’est peut-être pour cela que je me bats encore…

Démocrite le 17 mars 2008  

Par Démocrite/Maximilien - Publié dans : Chroniques - Communauté : Les mots dans tous leurs états
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Dimanche 16 mars 2008 7 16 /03 /2008 12:28

Chaque matin, le miroir de ma salle de bain me renvoie une image qui parfois est déplaisante, parfois désespérante mais qui est fidèle à ce que je suis… à ce moment précis de la journée ! Les artifices qui s’ensuivent peuvent concourir à présenter cette image sous son meilleur jour, il n’empêche que cet examen quotidien exprime des réalités incontournables comme est incontournable l’actualité.Mais ce n’est pas pour vous parler de mon image, que je m’entretiens avec vous aujourd’hui. Chroniquer, c’est un peu comme se regarder dans un miroir, comme chercher à représenter une réalité au travers du filtre des mots et des idées pour l’offrir aux lecteurs en espérant que le contenu de la rubrique interpelle, interroge, informe aussi.Mon miroir, c’est vous, c’est le commerçant quand il ouvre son magasin, le postier qui termine sa tournée, l’agriculteur qui casse-croûte en lisant le journal, c’est la retraitée qui chemine le long du canal, le sportif qui cherche la photo du week-end… Mon miroir de chroniqueur, c’est vous tous !Or, le paradoxe est qu’à ce jour je n’arrive pas à m’y mirer et que de chronique en chronique, je progresse, certes, mais un peu comme un aveugle, à tâtons sans jamais connaître l’impact de mes écrits.Vous me direz peut-être que mon angoisse est futile et bien loin des sujets que j’aborde habituellement et je serais d’accord avec vous. Pourtant, je persiste à croire que vous sauriez me dire votre avis, vos remarques, vos attentes et m’enrichir ainsi de vos apports. Cela vous paraît-il envisageable ?
Comme je ne peux qu’attendre vos réponses, je poursuis le déroulement de mon phrasé, j’affûte mes arguments, peaufine mes sujets et m’apprête, si vous le souhaitez encore à vous livrer demain le fruit de mes interrogations afin que, quotidiennement vous puissiez plonger dans les délices de l’argumentation, de la polémique et de la réflexion.

Mon miroir, c’est vous ! je vous invite à le rester… si vous le voulez bien !

Un extrait de la Valse du hérisson, une de mes toutes premières chroniques.
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Par Démocrite/Maximilien - Publié dans : Chroniques - Communauté : Les mots dans tous leurs états
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Mercredi 12 mars 2008 3 12 /03 /2008 16:37

undefined Je me souviens de ce grand patron de la distribution qui un  jour affirmait sans rire que la meilleure campagne de publicité pour son groupe de distribution était le sourire des caissières lors du passage en caisse. C’était si je ne m’abuse le PDG du groupe Casino qui exhibait fièrement un séparateur de client comme il en existe sur tous les tapis de caisse en montrant que celui-ci était libellé ; « sourire suivant » en lieu et place du sempiternel « suivant ».

Et puis cet épisode m’est revenu ce vendredi lorsqu’en allant faire le plein de victuailles pour nourrir ma famille (oui je sais, un homme qui fait les courses !…), je me pris à bavarder avec la préposée à la caisse sur le mouvement social dans la grande distribution qui faisait la une des journaux télévisés et radiophoniques. Son sourire était éloquent et bien qu’étant d’une enseigne concurrente, elle se plaisait à raconter comment les employés de la grande surface voisine avaient débrayé pendant au moins 2 heures pour la première fois de leur carrière. Nous avions alors l’impression qu’un espoir s’était levé car son sourire n’avait pas la faconde du commercial convenu et portait plutôt la marque d’une fierté en partie retrouvée.

Cet espoir avait même une saveur particulière lorsque le soir venu, un obscur porte parole de la grande distribution passait en boucle sur toutes les chaînes pour tenter d’expliquer le peu d’incidence de cette action sur le fonctionnement des usines à consommation. La bataille de chiffres qui s’ensuivait perdait de l’importance tant l’événement se suffisait à lui même. Ces femmes, et ces quelques hommes aussi, avaient osé braver leurs chefs, leurs patrons si puissants, se situant toujours dans le top 50 des plus grandes fortunes françaises. Ils/elles avaient eu l’affront de réclamer moins de temps partiels contraints, des salaires décents, des conditions de travail humaines, bref une vie meilleure …

Cela fait longtemps que j’ai une tendresse particulière pour ces personnes qui s’accrochent à cette parcelle de travail comme pour ne pas sombrer dans la misère et cela fait longtemps déjà que je ne peux m’empêcher de converser avec elles chaque fois que cela est possible. C’est ma façon à moi de mettre du sens et de l’humanité dans les rapports que j’entretiens avec ceux et celles qui souffrent de cette vie imposée et réductrice de la pensée humaine. Gageons que vous en ferez autant à la suite de mon propos…Gageons que vous soutiendrez du mieux possible leur prochain mouvement !

Démocrite Le 1er février 2008 

 

Par Démocrite/Maximilien - Publié dans : Chroniques - Communauté : Ecrits et politique
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