Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Disparition de Jean-Louis Foulquier, "passeur" de la chanson française

Deux jours après le cinquantième anniversaire de France Inter, radio pour laquelle il a travaillé pendant plus de 40 ans, le journaliste, grand défenseur de la chanson française et père des Francofolies de La Rochelle, est décédé mardi à l'âge de 70 ans.

 

"Ce que je vais vous raconter est plus qu'un souvenir : c'est pour moi un moment fondateur. C'était vers 1975, l'époque de Studio de nuit, une sorte de cabaret radiophonique nocturne dans lequel j'invitais de jeunes chanteurs – les Higelin ou Lavilliers que personne ne connaissait encore, et qui venaient avec leur guitare. J'avais la trentaine, mais j'étais débutant. J'avais peur. J'étais entré à Inter comme standardiste, je ne me sentais pas particulièrement une âme d'animateur…", témoignait Jean-Louis Foulquier sur Télérama la semaine dernière à l'occasion du cinquantième anniversaire de France Inter, radio avec laquelle il a collaboré pendant plus de quarante ans. "Il est parti d'une longue maladie", a indiqué une responsable de la radio, qui consacrera, ce mercredi, une partie de son antenne à son ex-animateur, notamment entre 20 et 23 heures.

De standardiste à "Monsieur chanson française" sur France Inter

Né le 24 juin 1943 à La Rochelle (Charente-Maritime), Jean-Louis Foulquier, fasciné par Léo Ferré à l'adolescence, monte à Paris pour réaliser sa vocation, devenir chanteur. Il se retrouve par hasard standardiste de nuit à la Maison de la radio à 22 ans, tout en chantant dans les cabarets. Deux ans plus tard, poussé par son patron Roland Dordhain et aussi par lucidité, il choisit de rester à la radio. Passé les premiers reportages et l'apprentissage du micro, il enchaîne sur France-Inter les émissions consacrées à la chanson. Toutes seront marquées par la convivialité, la complicité. Jean-Louis Foulquier deviendra un interlocuteur privilégié des artistes. Voix familière aux oreilles des fidèles de la radio publique («Studio de nuit», «Saltimbanque», «Y a d’la chanson dans l’air», «Pollen», «Les Copains d’abord»), il s’attachait a démontrer la variété de la chanson française et à donner leur chance aux jeunes, tout en se faisant passeur entre les générations.

À voir : Jean Louis Foulquier évoque ses 25 ans de radio

 

Le nom Francofolies né d'un lapsus...

En 1985, il réalise un rêve d'enfance en fondant dans sa ville natale les Francofolies, joignant ainsi sa passion de la musique à son goût de la fête. " Organisateur de festival, cela m'est tombé sur le coin de la gueule. Je pensais qu'on en ferait deux ou trois. J'en ai fait vingt", avouait-il en 2004. Il passera la main à l'issue de l'édition 2004, à Gérard Pont. " Je passe le relais à mon équipe. Mais je reste sur le chantier des Francos : c'est mon bébé et je veux encore y faire des choses", déclarait le directeur et âme des Francofolies depuis 1985.

À voir : première édition des Francofolies en 1985

Dans son autobiographie Au large de la nuit, Jean-Louis Foulquier raconte que l'idée de ce rendez-vous estival a germé lors d'une promenade nocturne dans sa ville natale après une de ses émissions. La première édition des Francofolies du 10 au 14 juillet 1985 réunit Francis Lalanne, Jacques Higelin, Catherine Lara, Hubert-Félix Thiéfaine, Les Rita Mitsouko, entre autre. Label devenu célèbre, le nom "Francofolies" est né du hasard. "Je m'emmerdais à chercher un bon titre, sans succès", racontait-il en 2009 à l'AFP. "Un matin, je me rasais en écoutant la radio et l'animateur a fait un lapsus, en disant francofolie pour francophonie. J'ai trouvé le nom génial". Dans la foulée du succès, des Francofolies se créent à Montréal (1989), en Bulgarie (1991), à Spa en Belgique (1994), en Suisse (1999).

>>> Lire : Après vingt ans de fête à la chanson, Jean-Louis Foulquier passe la main

Après deux infarctus, il décide de prendre du champ pour se consacrer à des activités artistiques parallèles. En septembre 2008, après 43 ans de collaboration, son histoire avec France Inter prend fin. Jean-Louis Foulquier consacre alors les dernières années de sa vie au cinéma, au théâtre et également à la peinture.

Lire aussi :

Un entretien paru dans l'Humanité en 1995

Les Francos, vingt ans de fête à la chanson