En vers et en prose

Lundi 19 mai 2008 1 19 /05 /2008 23:18
Songe,

Pamphlet d'origine inconnue...

Songe et pour une bonne fois, songes-y !

Songe et sang.

Les larmes ont des yeux brûlants de trop avoir ri

Sang et trame.

Ton rire s'envole trop souvent

De ne plus savoir... rire !

Ton rire à ta bouche,

Tes lèvres avide de moi,

Comme du temps.



Songe,

Pamphlet à l'origine...

Ecrit sur ta fièvre de ne pas être.

Mais, ton sein effleure mes doigts

Résiste, argumente,

Cett'drôle, cett'brûlante vie...

A vie de songes,

La moiteur du sommeil

Engourdit l'ombre et l'échéance se consume à renaître d'un...

Songe.

Par Démocrite/Maximilien - Publié dans : En vers et en prose - Communauté : Plaisirs d'écrire
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Samedi 17 mai 2008 6 17 /05 /2008 17:15
Mon propos s'est épaissit avec l'âge

Et ma plume s'encanaille de technologie

Pourtant l'ombre de mes mots

Eveille tant de retenues, d'absences

Comme s'étiolent tant d'envies.


J'ai encore le plaisir des écritures furtives

A jamais inassouvies.



Mon âge s'est forgé de mon propos

Et ma gouaille s'est affranchie des autres

Comme ces mots martelant ma vie

Qui déchirent ses silences accumulés

Un matin, au versant de la pensée.


J'ai encore le plaisir de ce verbe, cette phrase

Qui honore le temps d'après.

Par Démocrite/Maximilien - Publié dans : En vers et en prose - Communauté : les auto-édités
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Mardi 13 mai 2008 2 13 /05 /2008 08:30
Je ne suis pas Pierrot

Je n'ai pas de lune

Où s'accrochent les rêves

Je suis moi !


Je ne suis pas un Pierrot

Un rêve sur lune

Ou un mythe désabusé

Je suis moi !...


Je ne suis pas un Pierrot

Chimères de réalité

Ou l'angoisse de demain

Je suis moi !...


Je ne suis pas Pierrot

Je suis moi

Je ne suis pas Pierrot

Pas plus, mais...

Par Démocrite/Maximilien - Publié dans : En vers et en prose - Communauté : LA PLUME D'ECRIVAINS
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Lundi 5 mai 2008 1 05 /05 /2008 07:47
Epaisse lune qui luit

D'une nuit sans fard

Receleuse de mes rêves fous

En doux murmures appesantis.



L'ombre s'est faite menace

Un cendrier s'éteint

Tic-tac répond un réveil

Qui s'endort, sommeil perdu.


Une cigarette s'emplit

De cendres muettes,

Les draps s'engourdissent,

Une flamme s'éprend

D'une voix cristalline.

Une musique effeuille

Les roses noircies,

De mes pages sans gaîtés :

Hiéroglyphes déchirants

Issus d'un cerveau embrumé.

Le rideau tombe,

Une glace frémit,

Un visage se rembrunit,

Eve apparaît, idéaliste,

A l'orée d'un rire enfantin.

Les contours de la mémoire

Disparaissent en un tournant,

Un regard de feuilles affables

Alimente l'encre de mes élans,

Qui s'emmêlent dans l'épaisseur

Resplendissante de tes cheveux.


Un capitaine a perdu a mer

Dans les entrailles de son vaisseau.


L'ombre s'est faite aquatique

Un cendrier s'éteint

Tic-tac répond un réveil

Qu'un clapotis ensommeille


Un frisson de grand vent,

Etendard de longue chevelure,

En un pavillon flamboyant.


Un capitaine a pris la mer.


Et j'ai perdu le miel de tes mots,

Dans l'éclat sombre, tes yeux,

Sertis d'un noir,

Epopée de mes nuits, lumières !

Ma main a rempli l'espace,

Une étoile brille éclate, meurt,

Sans bruit le ciel se referme

La nuit repend ses droits.


Une corne de brume,

Alourdit un silence,

Une note, un ré, un do,

Accompagne ma solitude,

Et mon angoisse prolifique

Se fait une fête,

De ton rire qui s'oublie,

J'ai perdu ta présence !


L'ombre s'est faite mystique

Le cendrier est plein

Tic-tac répond le réveil

L'aube s'en revient.

Ton corps gémit

Sous la poussée d'un rêve,

Mon écriture s'ensommeille,

Sur ta présence,

Sur l'image

De ton visage !





 

Par Démocrite/Maximilien - Publié dans : En vers et en prose - Communauté : Le jardin des Muses
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Dimanche 27 avril 2008 7 27 /04 /2008 11:13

Les draps s'écoulent

Sur ton souffle

Lové à la  bâtisse.


Le vent sur un air de pluie

Bat et rabat,

Ton visage tranquille,


L'adaptation est sans aucune concession !


Le vent sous le porche,

S'accroche d'un balcon

Et tu remues dans ta vie

Comme ce bruit,

Ce crissement, dans la rue...


Il n'y a pas,

Juste l'allée du temps

Qui se déroule

Les draps s'entortillent.

Chut, chut !


Il n'y a plus de silences

A la porte qui claque, quelque part...

Par Démocrite/Maximilien - Publié dans : En vers et en prose - Communauté : Le jardin des Muses
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Jeudi 24 avril 2008 4 24 /04 /2008 10:54

Il me fit répéter pendant qu'il enfilait des chaussures et attrapait au vol un imper de chantier. Sa première pensée sembla aller tout droit vers son garage étant entendu que sa maison posée sur un vide sanitaire conséquent ne risquait pour l'heure rien, hormis une remontée de la fosse septique. Nous étions, de ce fait, logés à la même enseigne et je lui conseillais de boucher ses toilettes avec des serpillières pour éviter des déconvenues nauséabondes.

Je remarquais l'absence de la belle en robe rouge et sans vergogne j'en demandais de ses nouvelles. Mon voisin me répondit que, pour l'heure, elle était le sujet de son inquiétude et je ne me permis pas de poser plus de questions de crainte de paraître trop curieux. Le cours d'eau était bel et bien sorti de son lit et paradait en de multiples bras aux courants puissants entre les maisons, les bâtiments et les cabanons de notre quartier. Nous étions en train de recueillir les ruissellements de toutes les collines alentours, de toutes les rigoles et autres rus qui caracolaient le long des pentes en de multiples torrents glissants sur une terre qui ne retenait, depuis longtemps plus rien, brûlée qu'elle était de tant de pesticides.

Nous eûmes un mal fou à ouvrir la porte coulissante du garage et nos efforts étaient sans cesse contrariés par la poussée fluviale. Quand enfin...

Elle était là, au milieu d'objets épars et flottants que l'eau avait délogés de leurs rangements habituels. Mon voisin se précipita vers elle alors que je restais interdit et muet. Une fois près d'elle, il me dit quelque chose que je ne compris alors pas et je ne me souviens que de l'élan qui me poussa vers elle en poussant un juron pour masquer mon désarroi. La belle avait les pieds, que dis-je les jambes, ou plutôt les roues dans l'eau jusqu'à la base de ses sièges et mon voisin ouvrant la portière ne put que constater qu'il ne pourrait monter à son bord.

En unissant nos efforts, en poussant, en tirant, nous arrivâmes à sortir la rutilante 2 CV rouge rubis de sa piscine obligée. Une fois dans l'allée, nous la tirâmes à l'abri des flots en direction de la maison.

Le reflux semblait s'amorcer : la belle était sauvée !

Plus rien n'avait d'importance... Pourtant, il me faudrait attendre encore un peu avant d'entendre à nouveau le ronronnement de son moteur si caractéristique, et je ne pouvais cacher ma satisfaction de la savoir tirée d'affaire.

FIN 

Moissac le 5 janvier 2008

Par Démocrite/Maximilien - Publié dans : En vers et en prose - Communauté : les auto-édités
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Mardi 22 avril 2008 2 22 /04 /2008 10:35

...La météo alimentait les propos des gens du cru et en l'absence de messe, les dimanches matins sur la place du village s'emplissaient des commentaires des uns et des autres autour du sacro-saint apéritif. Le jaune avait la couleur du bon dieu et d'aucun maudissait le ciel et tous ses apôtres de la dureté d'une vie qui empêchait le monde de tourner comme il devait tourner, c'est à dire dans le bon sens.

Les flaques étaient devenues des mares et je pressentais que mon attente serait vaine car la belle n'oserait se montrer par un tel temps. J'avais tant de choses à lui dire et je ne savais pas encore comment le lui dire... Ni quand !

J'avais de la grisaille au cœur quand je résolus d'aller retrouver les bras de Morphée ou à défaut ceux de ma femme...

C'est un « je ne sais quoi » qui m'alerta au petit matin. Le clapoté permanent des gouttes qui s'écrasent sur les vitres m'avait endormi ainsi que ma méfiance. Je jetais un œil sur le jardin et m'aperçus qu'en lieu et place des flaques, il y avait désormais une mare qui menaçait mes cultures. Je réveillais ma compagne et nous nous mîmes à guetter les signes d'une évolution dans un sens ou dans un autre, une modification de l'étendue boueuse qui se gonflait d'importance sous nos yeux. Le sol détrempé et durcit ne buvait plus rien. Déjà des rigoles se creusaient en emportant les maigres touffes d'une herbe qui avait jauni de trop de passages. Je ne sais pas vous, mais je n'ai jamais aimé l'eau en trop grande quantité car elle est difficilement maîtrisable. Une fois un café brûlant avalé, je sortis sous la pluie qui ne cessait pour aller jeter un œil. De près, cela ressemblait furieusement à une petite inondation. Je ne pus que constater combien la montée des eaux n'était pas une vue de l'esprit. Ce furent les fossés longeant notre propriété qui les premiers accusèrent le coup en déversant leur trop-plein dans mon potager. En certains endroits, l'eau submergeait le haut de mes bottes et je pressentais qu'en l'absence d'un arrêt brutal de la dégringolade céleste, nous étions bons pour vivre notre première catastrophe naturelle. Le niveau montait et affleurait à présent le pied de la maison alors que, chez le voisin, le liquide boueux s'infiltrait déjà dans le garage. Avec ma compagne, nous prîmes très vite quelques précautions qui se résumèrent à monter d'un cran le contenu de la pièce du bas... mon bureau ! Dans le débarras qui jouxtait cette partie de la maison, seul le congélateur méritait que nous l'élevions au-dessus de la mêlée liquide pour éviter qu'il ne se noyât dans la fange qui descendait des collines.

La pluie cessa, pas la montée des eaux.

Au fond du jardin, le ruisseau, du nom d'une rivière locale, avait pris ses aises et avait des allures de fleuve important.

Nous nous en serions tenus là si nous n'avions pas pris le temps de nous enquérir du sort de notre voisin. Ce dernier n'avait pas perçu l'ombre d'un quelconque danger et semblait ignorer la situation quand je toquais à sa porte. Il me reçut de manière fort aimable et ne me crut pas lorsque je lui dressais un tableau de la situation. Il me fit répéter pendant...
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Dimanche 20 avril 2008 7 20 /04 /2008 10:06

...Cela devait se voir car cette dernière, au demeurant jamais soupçonneuse, s'enquit de me savoir si tranquille et serein. A l'énoncé du travail abattu, elle apprécia la donne et l'emplit de ses propres tourments comme pour apaiser les exactions d'un travail qu'elle trouvait parfois ingrat. Très vite, son bavardage perdit de son intensité au cours du repas pris sur la terrasse et, sans que je ne me l'explique, mes pensées vagabondèrent à nouveau sur les courbes entrevues dans la journée. Mon épouse me reprit un temps avec un tonitruant : « Tu ne m'écoutes pas !... » fort judicieusement à propos mais qui, dans le contexte, ne porta pas plus loin que l'interrogation du moment.

Entre la vaisselle du soir et les infos télévisuelles, la soirée prit une tournure des plus attendue, bien qu'une petite cloche ne cessât de tintinnabuler dans les frondaisons de mon esprit.

La fraîcheur du soir était la bienvenue et dans la pâleur d'une lune ronde de vouloir éclairer le monde, la belle, pareillement vêtue  dardait ses yeux vers moi comme jamais elle ne l'avait fait jusqu'alors. Ma maisonnée avait pris ces quartiers de nuit et c'est, le souffle court, que j'osais m'approcher enfin d'elle... Le projecteur halogène s'alluma d'un coup, me laissant aveuglé pour le coup et dans l'obligation de saluer mon aimable voisin qui rentrait à ce moment-là. Il devait se faire tard et pourtant c'est lui-même qui me fournit le prétexte pour m'éloigner le cœur battant. En effet, il prit la belle, passa son bras et s'engagea sur l'allée non sans m'avoir lancé un « bonne nuit » malin et bien à propos.

La fin de semaine m'offrit une fois encore l'occasion de briller de mille feux, pourtant, la belle n'était point visible. Je décidais donc d'aller exposer ma contrariété sur les petites routes de mon village à coup de pédales bien senties. J'enchaînais les petits raidillons qui font le charme de ce coin de Quercy et je dévalais moult sentiers, sentant sous mes pneus à crampons la dureté caillouteuse du calcaire blanchi sous le vent d'autan. Ce n'est que lorsque le compteur afficha une distance raisonnable pour mes artères et mon surpoids que je me résolus à rentrer à mon domicile. Elle ne semblait pas être rentrée et ma soirée perdit de son charme alors que j'avais échafaudé mille plans durant mon équipée pour aborder enfin la belle dès que l'occasion se présenterait. Les jours suivants je n'eus pas plus de chance et elle ne se montra pas. Le ciel s'assombrit pour laisser la place à l'un de ces derniers orages qu'affectionnent tant les paysans au moment des dernières et délicates récoltes de fruits ou de raisins. La pluie battait sur les carreaux et nous avions éteint les appareils sensibles aux perturbations du réseau électrique comme chaque fois en pareil cas. Le repas fut pris entre deux coupures d'électricité et personne ne resta pour commenter la violence de la météo, préférant aller se réfugier avec un bon livre au fond d'un lit douillet. Je restais le dernier autant pour tenter d'apercevoir dans la lumière, chez mon voisin, l'objet de mes espoirs que pour vérifier que les éléments déchaînés ne feraient pas de dégâts comme ce fut le cas il y a quelques années déjà. Je regrettais son absence et ses formes me manquaient. Je ne pus contenir la vision de ses courbes et de son regard qui me transporte quand il vient à croiser le mien. Je restais longtemps le nez à la vitre, regardant sans les voir les flaques se former au bout des ruissellements. Le sol n'avait pas reçu tant d'eau depuis... Je ne savais même plus ! Nous avions passé l'été en nous plaignant d'une sécheresse que n'avaient su rompre les quelques journées orageuses que nous avions vécues. La météo alimentait...
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Vendredi 18 avril 2008 5 18 /04 /2008 07:39

...C'est au matin du dimanche suivant que s'imposa à mon esprit la présence de la belle non loin de moi. Je tiens ici à préciser que je ne suis pas un homme volage et que je satisfais et plutôt mieux que d'autres, du moins je le crois, à la vie commune que j'entretiens avec mon épousée. Je dis cela sans forfanteries mais avec le sentiment d'une harmonie partagée. C'est en ouvrant les volets, disais-je, que la vision de sa robe écarlate, ses grands yeux ronds m'obligèrent à obliquer mon regard en sa direction. Elle était bien là, impassible, m'obligeant à rougir sous l'affront de son insistante beauté.

Le ridicule m'atteint avant même que je ne puisse à nouveau respirer et mon trouble devint embarrassant quand ma douce moitié s'enquit de mon émoi. Ce dernier avait pris une tournure virile que ma nudité ne pouvait cacher plus longtemps. En me glissant sous la couette, je ne pris pas plus de risques et le convertit en caresses conjugales bienvenues. Le reste est affaire de tendresses sous la pointe d'un rayon de soleil. Je n'en dirais donc pas plus !

La journée fut aimable et fort dispendieuse en énergie familiale. Nous aurions pu, et cela n'est un secret pour personne, en oublier qu'il en est ainsi de ces dimanches où la vie est tellement agréable que l'on enfouit profondément l'idée même que le lendemain ou la veille forment aussi une semaine complète avec son lot de tracasseries et vétilles. C'est, je crois, le prix de notre intégration sociale qui donne du sens à la place que nous sommes censés occuper sur cette planète et dans notre société. Le jardin eut à subir de nouveau mes assauts gaillards et ma belle se perdit dans la voluptueuse pénombre d'un soir d'été où seuls comptent le nombre de glaçons dans un verre anisé.

Le retour à des réalités plus prosaïques m'obligea à redéfinir ma vision du monde et ma course contre le temps s'enorgueillit de ne pas pouvoir me permettre de faire ce que j'avais décidé de faire. Entre les impondérables d'un métier qui fait le bonheur de mes journées, je slalome en tentant de concilier ces obligations avec celles que je m'impose pour faire bonne figure et ressembler à celui qui est tout le temps occupé. Il faudra un jour que j'ose poser mes valises et que je redéfinisse le pourquoi des multiples strates sociales que je m'impose et qui me renvoient dans le miroir l'image d'un homme occupé et gonflé d'une importance parfois factice, quitte à faire souffrir mon ego.

Le passage du lundi matin fut prompt à révéler ma nervosité du moment et ce ne fut qu'au mitant de la semaine que je m'enquis de nouveau du sort de ma belle voisine. Sa robe était de la même couleur et un rayon de lumière caressait ses formes avec une volupté que j'enviais à ce moment délicat de notre relation naissante. En écartant le rideau de la salle à manger je pus l'observer sans qu'elle ne me voie ni ne sache que mes yeux se portaient sur le chrome de ses atours. Le silence de la maison avait cela de charmant qu'il ne pourrait se briser que de par ma propre volonté et je ne me lassais pas de contempler à foison les éclats de la belle qui, à cet instant, me tournait le dos offrant à ma concupiscence de quoi alimenter mes désirs. Je me replongeais derechef dans mon ouvrage sentant au front comme une chaleur...

La fin d'après midi décrue et je trouvais enfin le rythme adéquat pour terminer les tâches que je m'étais assignées. Les coups de téléphone s'enchaînaient, les touches du clavier offraient à mes doigts une écriture devenue limpide et mon écran s'illuminait pour moi seul, absorbé que j'étais dans mes travaux obligés. Je devenais efficace, efficient même et commerçais avec mes obligations de telle sorte qu'à l'arrivée de mon épouse, je me savais disponible. Cela devait se voir car cette dernière...
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Mercredi 16 avril 2008 3 16 /04 /2008 13:45

C'est en rentrant ce soir-là que je l'aperçus dans sa robe écarlate.

L'été s'achevait en un long monologue de soleil palissant sur notre aimable vallée et la reprise du travail après cette brève période d'inaction me poussait à prendre la clé des champs chaque fois que je le pouvais.

Ce soir, précisément, c'est mon humble jardin qui allait faire les frais d'une débauche d'énergie contenue depuis quelques heures dans le carcan des obligations salariales.

Jusqu'à présent, rien n'indiquait sa présence et pourtant en longeant ma terrasse pour me rendre sur le lieu de mes futures et vertes exactions, je ne pus m'empêcher de couler un regard que je me surpris teinté de concupiscence coupable. Le mal était en terrain conquis et une pointe acérée vrillait mon palpitant.


Il faut dire aussi que je ne rechigne pas à la vision d'une joliesse et je garde au fond de moi quelques clichés relevant la tristesse de ce monde comme pour me rassurer de l'existence de la beauté, y compris au fin fond de ma campagne embourgeoisée.

C'est peut-être pour cela que je me mis avec entrain à sarcler mes pauvres pieds de tomates déjà en déclin qui rendaient l'âme et le reste en tentant de faire rougir les derniers fruits d'une saison qui n'avait pas tenu ses promesses. Toujours est-il que la sueur venant à mon front, je ne me départis pas de mon allant et j'enchaînais les rangs avec une vigueur que laissait augurer une soirée pressentie d'ores et déjà comme aimable. L'arrosage fut du même acabit et, trempé autant que mon terrain, je ne m'astreins à rejoindre la maisonnée qu'à l'heure du potage fumant dans les assiettes. Déjà presque à l'heure espagnole !

En rangeant les outils de mon labeur, je jetais un œil discret... La sauvageonne était présente, comme attentive à ma débauche d'énergie!

Je ne pus réprimer un sourire quand d'instinct je jetais ma chemise négligemment sur mon épaule dénudée et bombant le torse, rentrant le ventre, j'affrontais ce regard dont je ne doutais alors plus de la sagacité.

A l'angle du mur, à l'abri de la vue déstabilisante, je poussais un soupir de soulagement en reprenant ma faconde habituelle.

Ma tendre épouse n'eut alors pas de mots assez durs pour me rappeler combien sont incompatibles les bottes poussiéreuses et les lattes du parquet vernis qui ornent la maison. Je m'exécutais docilement en rentrant dans mon foyer.

C'est au matin du dimanche suivant...

La suite au prochain épisode
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