Puisque nous sommes das le mots et que je trouve que l'on dit parfois ces mots tellement mieux quand ce sont d'autres qui les prononcent. Merci à La Rumeur
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Les paroles!!!
Ces mots plein l'écran, en boucle en grand, des cénacles aux plateaux, des plateaux aux éditos, ces mots comme l'hymne royal de la fringale des squales, ces mots, ces serres, ces crocs exonérés d'impôt sur ma sueur et sur ma peau, flexibles et souples, privatisés au double, ces mots qui ne laissent rien, laissent crever, laissent faire, ces mots qu'on tire tout chaud de la cuisse d'un Francis Mer, ces mots qui ont le bâton, le bras long, la sympathie du fisc et les fluctuations du CAC 40 pour horizon, ces mots qui montent en grade selon la marge et l'offre, ces mots qui montent la garde de chaque côté du coffre, ces mots qui traquent mon froc, ma thune et mes allocs, mes pauvres 507 heures et mon ticket modérateur, ces mots qui se marrent déjà du peu qu'il restera et qui te soufflent que le beau gâteau là-bas n'est pas pour toi.
Refrain
Maîtres mots et mots de maître, maîtres mots à suivre à la lettre, ordre des mots et mots de l'ordre, ordre des mots dressés pour mordre.
C'est mots dans le barillet des sécurités qui retrouvent ma trace et ouvrent la chasse, ces mots sans sommation, sans scrupule ni regret, ces mots à te faire peur, ces mots à te faire taire, ces
mots qui regardent ailleurs quand Habib est tué à terre, le 9 bis pour tout drap mortuaire, ces mots qui ont dans la poche un juge et une quinte floche, ces mots qui ont dans l'oeil la poutre
d'une guerre sans deuil. Souvenirs au cri du temps béni des colonies, pour peu qu'on gratte, pour peu qu'on se batte, pour peu qu'ils craquent, ces mots quoiqu'on y fasse qui refont toujours
surface, ces mots, ces coups, ces coupables désignés, ces Mohamed, ces moricauds, ces mauvaises bêtes à mauvaise peaux, ces mots mors que je portent si bien qu'ils collent à mon ADN, ces mots que
je porte si loin qu'ils en deviennent des chaînes.
Refrain
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Force
est de constater que la crise n'en ait pas une pour tout le monde comme dirait le bon sens qui présage aux lapalissades les plus en vogue du moment. Dans tous les cas ce n'est pas EDF qui me
démentira puisque cette vénérable entité privatisée depuis peu mais encore chargée d'assumer le service public de fourniture d'électricité fait la une des journaux lorsqu'elle part faire des
emplettes en Angleterre. Vous me direz : en quoi cela nous concerne ? C'est là ma brave dame, mon bon monsieur, que votre serviteur hausse un sourcil, se renseigne, cherche et recoupe
des informations pour aboutir à la conclusion suivante : nous allons payer encore plus cher notre électricité pour permettre à EDF de construire des centrales nucléaires de type EPR en
Grande-Bretagne parce que personne dans le monde ne veut vraiment acheter cette technologie.
Il y avait un peu, et même beaucoup de cela dans l'hommage rendu au poète
berbère, Slimane Azem, dans la grisaille moissagaise de cette fin d'octobre. Il s'agissait plus que d'une dédicace car ici, point d'orgueil, seulement des hommes et des femmes, humbles, presque
timides d'être ainsi sous le feu des projecteurs qui n'ont à partager que leur mémoire comme une écharpe avec ses douleurs, ses cris, ses déchirements et ses joies. Ils étaient venus, nombreux
mêlant leur youyous à la foule assemblée dans ce sanctuaire de l'écriture romane, dans une salle soudain rendue trop petite pour la grandeur d'âme d'un poète disparut, il y a... 25 ans
déjà ! Il n'est jamais trop tard pour mesurer la portée des mots et les centaines d'écrits de l'homme dans l'exil permanent de sa vie se devait d'être d'une résonance à nulle autre pareille
dans une communauté éparse et démantelée pour ne pas avoir voulu se soumettre, hier aux coloniaux, aujourd'hui aux intégrismes de tout acabit. Puis vint le soir et la foule compacte qui se
pressait aux entrées de ce temple moderne dans lequel les dédicaces prenaient des accents musicaux à l'image des volutes sonores qui envahissaient la scène, les coulisses et la salle toute
entière. Les enfants de la chorale avaient de l'impatience dans la voix et de la passion dans les mots sous la houlette de Mouss et d'Akim, passeurs de mémoires dés cet instant. La rencontre
avait des accents que ne renieraient aucunes marseillaises au monde. La rencontre avait alors une majesté inégalée et, nous voisins inconscients d'avoir laissé cette voix dans l'ombre tant
de temps, nous n'avions d'yeux que pour Idir, sa faconde, sa présence et sa manière de rendre l'hommage brillant pour l'inscrire au firmament de la chanson.
Rien alors ne sut, ni ne put
arrêter l'expression des 2ème, 3ème et bientôt 4ème générations qui ensembles, dansaient aux sons des montagnes, dans un mélange détonnant d'électro-acoustique,
entre l'ancien et le moderne... Les dédicaces des uns et des autres au poète disparut prenaient alors des hauteurs insoupçonnées et l'éternité se peuplait de la présence de tous ceux qui savaient
combien il faut savoir aimer les siens, chérir ses origines et construire sa vie, sur un bout de terre pour savoir combien cette dernière est notre bien commun, combien celle ci est
universelle... Gageons que nous saurons les entendre !

