Lundi 14 juillet 2008 1 14 /07 /2008 15:50
Démocrite s'en va sur les routes des Pyrénées pour une mission qui lui a été confiée. Point de vacances cette année, mais pour autant, je ne me plains pas car j'ai accepté ce travail avec enthousiasme.
En revanche, les points d'accès au net se feront plutôt rares et mes interventions sur le blog le seront tout autant. Scrutez toutefois votre boite mail car il n'est pas dit que je relate d'autres récits, taquine la muse au cours de mes périgrinations...
à bientôt,
Par Démocrite/Maximilien - Publié dans : Mots d'humeur - Communauté : LA PLUME D'ECRIVAINS
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Lundi 14 juillet 2008 1 14 /07 /2008 15:29
La pluie n'a cessé de rappeler sa présence tout du long du week-end. Des spectacles déplacés, voire annulés, des festivaliers un peu déroutés et pourtant dans la tourmente des orages, l'impassible maîtrise de la direction du festival, qui prend des décisions justes et qui permet de rallumer une fois encore les feux de la rampe, en d'autres lieux, d'autres espaces. « The show must go on », chantait un de mes chanteurs préférés... Le spectacle a continué et le ballet incessant des bénévoles s'adaptant à toutes les situations n'a jamais cessé. Manu Galure a trouvé la salle à sa dimension et l'inauguration de fait du hall de Paris n'est pas passée inaperçue même si M. Eicher s'étonnait encore d'une scène le privant de démesure. Le festival déroulait ses phrasés, ses notes acidulées entre les gouttes et les déceptions de ceux qui cherchent encore les P'tits t'hommes en fin de soirée. Le concert est devenu privé devant un parterre conquis et flatté que les éléments lui réservent cette surprise. Dans les jardins, les artistes ont œuvré sans discontinuer avec des spectateurs faisant honneur à l'hospitalité des habitants de Moissac. On est venu de loin, à la rencontre d'amis en ce 14 juillet et les couleurs républicaines n'ont pas eu à rougir de notre Steve Warring, poète, rimeurs de rêves et de mots pour les petits et pour les grands quand aux sons d'une voix puissante, la veille sous les platanes, Dorembus se faisait l'écho d'Imbert Imbert. Enfin, Yamlayam pouvait mettre en lumière et en beauté, les sensibilités écorchées de la vie et de la poésie avec sa troupe disparate de gens de bien et de commun qui d'un mot font une phrase et d'une phrase un slam, pour dire la vie, pour dire l'avenir...

Le village s'inscrivait alors pour un banquet fraternel que le bal populaire clôturait dans une nuit que nous voulions tous étoilées.

Le rideau est tombé sur les derniers artistes,  sur celles et ceux là même qui donnent du sens au festival, ces bénévoles, un peu fatigués, qui reprendront le chemin de leurs activités habituelles... Demain matin !...

Le rideau est tombé, la parenthèse s'est refermée, le spectacle se poursuit, ailleurs, dans nos cœurs, nos têtes et nos souvenirs.

Mesdames, mesdemoiselles et messieurs, en un mot comme en cent, j'ose vous dire merci !


Moissac le 14 juillet 2008

 

Par Démocrite/Maximilien - Publié dans : Chroniques - Communauté : les auto-édités
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Dimanche 13 juillet 2008 7 13 /07 /2008 14:40

Il y a...

Le responsable, celui ou celle, qui après des années de dur labeur ou parce que sa compétence le prédestine à cela, prend en charge un secteur de l'organisation. Le plus souvent bénévole parmi les bénévoles, il harangue ses troupes, pointe les retardataires, donne un coup de main à l'un, remplace une autre... Bref, il est partout ! A l'accueil du public, il réorganise la billetterie et le contrôle des entrées, au bar, il est le seul à avoir la clé d'accès aux boissons de la réserve. C'est lui qui conduit le groupe de la volante pour aller chercher les 25 chaises manquantes, comme c'est lui qui rend compte de son intervention pour régler tel ou tel problème matériel. Il est le responsable, homme ou femme de confiance rompu à l'exercice qui le soir venant, toutes tâches terminées, termine sa soirée avec les autres, presque désœuvré, cherchant à paraître occupé alors que finalement, il lui suffit de trinquer une dernière fois avant d'aller se coucher pour d'autres courses... remises au lendemain !


Il y a...

Les catherinettes ou gaterinettes chargées de devancer tous les besoins de la production et qui sont aux petits soins des artistes, les gâtant, assurant la liaison entre eux et le festival. Elles sont deux, présentes 24 heures sur 24 ou presque, disponibles et prêtes à répondre à la moindre sollicitation, à la moindre demande et des demandes il y en a, croyez-le ! Ici, une bouteille pour étancher une soif, un casse-croûte pour lui, une loge pour l'autre... rien n'est acquis et répondre ainsi au plus juste est un tour de force quotidien qui s'agrémente du sourire de nos deux belles. Inséparables, elles arpentent les allées de la culture moissagaise avec cet œil gourmand et avisé qui les caractérise, et, cependant, elles méritent tout autant que l'on s'arrête avec elles au coin d'un comptoir car leurs propos restent lucides et acerbes sur le devenir de leur fonction. Elles sont la mesure des changements qui s'annoncent, thermomètre d'une exigence sans cesse renouvelée, qui nous porte à l'interrogation quand au devenir de cette manifestation.


Il y a ...

les Technicos, toujours dans l'ombre et même si l'artiste du moment prends sur lui de signaler au public leur présence pour quelques applaudissements polis mais éphémères, ils n'en restent pas moins des travailleurs du silence. Electriciens, simples roadies ou ingénieur du son, régisseur de scène, éclairagiste et technicien des lumières, monteurs, ils sont les précieux qui structurent les instants de spectacle. A la console, ils bataillent pour un meilleur son, comme en coulisse, ils s'activent pour donner du sens aux besoins de la vedette du moment. Dés la sortie de scène, ils sont les premiers à grimper sur le plateau pour emballer, ranger, enrouler, mettre en caisse la précieuse électronique, l'instrument du bassiste ou du pianiste. Ils se dépensent sans compter pour que rien ne transparaisse des réalités cachées du gala ou du tour de chant. Ils sont les meilleurs complices du monde, patient ouvrier de la scène, de toutes les scènes...

 

Il y a ...

Les artistes, les grands et les petits si l'ont peut dire, puisque ici, ils et elles sont tous grands. Il y a cette porteuse de mots qui déroule sa gentillesse depuis trois ans déjà à chaque festival. Il y a ce petit bout gracile à la voix puissante qui donne à rêver au détour d'une scène. Il y a ces trois, que l'on croise à la gare avec leurs instruments s'excusant presque d'être à l'heure et qui une fois sur scène, emportent le public dans les délices des sons et des paroles. Il y a ce petit bout de nez qui ravit les touts petits dans un jardin derrière une maison cossue, celui là qui conte et narre mille histoires et ceux là qui perturbent les légumes un matin de marché. Bref, ils sont divers, graves ou drôles, célèbres ou inconnus, toujours grands dans le cœur des spectateurs. C'est peut-être aussi cela , la magie de notre bourgade et de sa volonté de construire un ensemble autour de la voix bien différent des entreprises du marché, des marchands du temple. Même les plus connus d'entre eux apprécient cette pause dans le tourbillon des tournées et la grande scène, comme l'apéro concert ou « l‘after » forment autant d'espaces à vibrer aux frémissements des ailes de notre beau papillon. .

 

Il y a...

Le public, gourmet plutôt que gourmand qui s'interroge et s'étonne à l'écoute d'untel ou d'unetelle. Le public, mot magique désignant tout à la fois celui ou celle qui vient au spectacle comme son pendant qui voudrait s'y rendre et qui ne le peut pas. Le public, volatil et pressé qui réapprend le charme de l'attente et du plaisir des mots portés par des voix profondes, des musiques inconnues et sans cesse renouvelées. Il est disparate, souvent exigeant, surpris la plupart du temps de s'être laissé conquérir par la nouveauté, l'étrangeté, le hors normes des spectacles vivants qu'ils soient gratuits ou payants. Ce public qui confond parfois la scène en plein air avec la salle Pleyel et qui voudrait faire taire l'orage qui gronde au loin au prétexte qu'il n'entend pas l'artiste du moment. Ce public, sans qui rien ne serait, qui oublie de se présenter au guichet, qui désespère l'organisateur, comme il sait s'attirer les attentions de l'interprète, qui sur la scène lui renvoie le meilleur de lui-même. Ce public qui nous ressemble tant, qui vous ressemble et qui prend le temps d'accéder à petit pas à tout autre chose que le contenu habituel des petites lucarnes télévisuelles. Ce public, que je voudrais foule encore plus compacte, à la diversité nombreuse, mais saura t-il être toujours présent ?

 

Par Démocrite/Maximilien - Publié dans : Chroniques - Communauté : Les mots dans tous leurs états
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Samedi 12 juillet 2008 6 12 /07 /2008 17:14

Il y a...

Le pirate, indispensable au bon déroulement du festival, lui qui se targue, mi-bosco, mi-capitaine d'emplir les estomacs affamés à n'importe quelle heure du jour et de la nuit... Il n'a pourtant rien d'un flibustier de haute mer et c'est sa gouaille et sa chaleur que l'on vient chercher plutôt que sa cuisine qui n'a de cesse que de surprendre nos palais. Ici, point d'OGM, ni de boisson américanisée, il n'y a que de bonnes chères locales et goûteuses à souhait. Les tablées s'y forment au gré des services et gare à celle ou celui qui a oublié de s'inscrire.. Il est bon pour un tour de vaisselle ou pire, il est réquisitionné pour entendre les vers de notre ami pirate, qui sait alors se faire poète et taquiner la muse, surtout en fin de soirée....C'est donc un lieu stratégique qu'il anime et entretien pour les bénévoles, les artistes et autres invités surprises. C'est un lieu magique où l'on croise Peter Pan sans avoir à affronter le capitaine Crochet ! N'auriez-vous pas vu Clochette ?


Il y a...

Ce drôle de bonhomme, qui c'est certain, a une autorité sur le festival. Il n'a de cesse de prendre le micro et d'annoncer le spectacle suivant, tout en rappelant à chacun l'importance de prendre son billet, d'acheter le cd de l'artiste précédent... Il est d'importance car on le croise autant avec les édiles locaux qu'avec les bénévoles. Et puis, dans les discours officiels, pas un n'oublie de le remercier pour son travail en amont, la virtuosité de sa programmation. Bref, il est in-dis-pen-sa-ble ! Sans lui rien ne serait et tout serait à faire. Il y a des jours, nous nous demandons même comment nous avons pu faire sans lui, toute ses années, où il n'existait pas. Je tance et j'exagère, pourtant il est bine le seul à faire le lien entre le quotidien d'un centre culturel dont il a la charge tout au long de l'année et ces quelques jours de folies que représente le festival. Ce lien entre un Moissac associatif et un monde de musique et de voix qui ne demandent qu'à bien vivre dans notre cité uvale. Alors à mon tour, je lui dit merci... Et vous, à le croiser, le saluerez vous tout autant ?


Il y a...

Le bénévole, gamin sans âge tout autant que grand-mère à la santé de fer, fervent sportif comme cadre dynamique, de n'importe quelle origine sociale, il ou elle est moissagais par définition et le plus souvent par adoption. Il est la cheville ouvrière de cette organisation. Descendant des premiers pionniers du festival, il porte le poids des expériences passées, des échecs comme des succès. Certains soirs, il n'est pas rare, qu'il évoque encore avec nostalgie, les yeux noyés dans un godet de pression, les coups du sort passés devant un par-terre de curieux avant que ne retentisse l'appel vers quelques tâches obscures, une billetterie à tenir, une buvette à ré-achalander, un artiste à prendre  en charge à  la gare ou à l'aéroport voisin. Le bénévole a de l'abnégation à revendre et ne se plaint jamais. Il ne coûte rien ou presque, un repas chez le pirate, une boisson vite fait, un fond de scène pour un spectacle qu'il ne pourrait s'offrir, il est de tous les instants, celui ou celle sur qui l'on peut compter. Et puis, le festival fermant ses portes, il emporte en un tourbillon de joie de vivre sa énième participation en rêvant déjà à la prochaine. Peut-être en serez-vous ?

 

Il y a...

La volante, une spécialité bien de chez nous. Aristocratie du bénévolat, elle est composée des plus hardis, des plus vaillants, garçons ou filles qui jaillissent des véhicules pour en un tour de main transformer un espace libre jusqu'alors en une scène prête à accueillir artiste et public. Ils sont de montage et de démontage, de transfert de matériel comme de nettoyage en fin de soirée. Ils sont l'élite de ce festival, que dis-je, ils sont... Bon là je m'arrête car à les décrire, nous pourrions aussi opter pour le coté obscur bien que je ne puis en trouver plus que de raison. La nature humaine est ainsi faite que la générosité est un bien commun à la volante. Et de cela je peux en témoigner. Il est vrai aussi que lorsque le dernier spectacle n'en finit plus de s'accrocher à ses planches, la volante est moins pimpante mais toujours présente car elle sait ce qui vient après, ce qui se profile à l'horizon quand les derniers lampions se sont éteints et que les amoureux regardent encore le ciel le long du tarn. La volante sait, récompense suprême qu'elle va être le fer de lance de cette fête endiablée de clôture, une fois la dernière chaise, la dernière barrière remisée. Le salaire est alors riche de l'expérience...

 

Par Démocrite/Maximilien - Publié dans : Chroniques - Communauté : LA PLUME D'ECRIVAINS
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Vendredi 11 juillet 2008 5 11 /07 /2008 09:36
A cent lieues du show bizz télévisuel, la soirée de jeudi était colorée d'une voix tzigane qui faisait frissonner les spectateurs d'un soir. Le velouté du timbre faisait vibrer en nous cette partie enfouie de notre être qui doit se souvenir combien notre métissage originel est riche de diversité, de culture. Perchée dans le feu des projecteurs, Norig parlaient d'amour dans la langue des passions et de traduction, nul n'en avait besoin pour vivre à l'unisson aux accents manouches, jazzy des cinq musiciens qui portaient le verbe en musique.

Pourtant, la soirée s'annonçait plutôt terne car après une inauguration du festival sans grande foule, nous pouvions à juste titre nous inquiéter de la venue du public. Les discours avaient été tout de retenue conventionnelle et les officiels avaient réussi à délivrer leurs fades messages habituels à coup de remerciements, de rappels subventionnés devant un parterre clairsemé composé des bénévoles et de quelques citoyens épris de culture et d'intérêts. Mme la Présidente clôturait cette phase obligatoire avec des applaudissements nourris sans pour autant faire état des changements qui s'annoncent à la tête du festival pour les prochaines années. Au micro, les orateurs avaient choisi le consensus pour un lancement « soft » du festival 2008. Etrange époque que nous vivons là !

Ce n'est qu'après un passage gourmand et nécessaire chez « le pirate », notre cantine des bénévoles installée entre les murs du centre culturel que mon retour sur les berges du canal a coïncidé avec le début du concert. Le monde avait répondu présent et même si les conversations un tantinet bruyantes se poursuivaient autour du bar et de l'espace restauration, les premières notes emportaient l'adhésion du public. Votre serviteur retrouvait alors sa place au centre du débit de boissons pour actionner la fameuse poignée qui délivre ce liquide ambrée et moussu fort apprécié en ces temps de chaleurs estivales. C'est là que j'aime la réalité du festival avec ces inconditionnels qui s'installent pour la soirée et qui de conversations en conversations s'approprient un bout de planche, avec ces pressés qui viennent en courant pour ne pas rater une once du spectacle, ces petiots qui balbutient le nom de la boisson convoitée en tendant les sous de maman... C'est là que se mesure l'appétence du public pour les artistes sur scène et hier soir, nous n'avons finalement que peu travaillé pendant le tour de chant. C'est bon signe ! Nous étions alors 4 bénévoles et non des moindres à tenir la buvette pour le plus grand plaisir des présents.

Avec le brouhaha des chaises empilées et des tables démontées dans un ballet efficace des jeunes de « la volante », les derniers convives d'un soir se pressaient encore quand je m'éclipsais, tentant une fois encore de concilier ma présence avec une vie familiale. Le rideau est tombé, les acteurs du festival, les obscurs, les petites mains qui le font vivre retournaient alors à leurs rêves, le temps d'un repos court mais amplement mérité...

Démocrite

Moissac le 11 juillet 2008

pour le programme du jour: http://www.vibrations-festival-moissac.fr


Par Démocrite/Maximilien - Publié dans : Chroniques - Communauté : les auto-édités
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Mercredi 9 juillet 2008 3 09 /07 /2008 23:11
Je n'ai jamais dit à personne combien je me suis immiscé depuis quelques années déjà dans le bénévolat d'un festival en ma bonne ville de Moissac.
 Il n'y a dans ma démarche, nulle philanthropie, juste l'envie de servir sur le plan un brin culturel, ma commune d'adoption. Mes compétences s'arrêtant au seuil d'une créativité désuète en matière d'arts plastiques, je me résolus à utiliser mes talents... ailleurs, c'est à dire au bar ! Ne riez point, car il s'agit là d'une noble tâche parmi bien d'autres qui me vaut quelques nuits blanches au service de mes concitoyens, nuits mâtinées d'une attention sans cesse renouvelée pour assurer la sécurité de cet espace qui concentre souvent, passée une certaine heure, la lie de nos amis(es) poivrots.
Cet espace est extraordinaire d'une richesse culturelle que personne, ni même moi, ne soupçonnerait en ces temps troublés. Au comptoir des illusions perdues, viennent s'échouer les amis de mes amis qui sont aussi les amis de ceux qui participent et qui font le festival. Quand à leurs amis, ils sont aussi présents mais eux ils consomment autant que les premiers. J'ai l'impression que ma démonstration n'est pas assez claire pour tout un chacun. Pour autant, il suffit de comprendre qu'il s'agit là d'un passage obligé pour celui ou celle qui veut festivaler à souhait et en bonne compagnie.
Cependant, le festival ne se résume à cela, mais vous conviendrez que de mon estrade désaltérante, la vision que je puis en avoir pourrait s'arrêter à ce premier constat. C'est bien mal me connaître si d'aucun pense que le raccourci se suffit à lui-même, car et c'est en cela qu'il puise sa richesse, avec les monteurs, les décoratrices, la volante et ses véhicules qui passe de lieu en lieu, les caissières d'un soir ou les accompagnatrices, « gaterinettes » des artistes, le festival vit au rythme de celles et ceux qui le font sans demander autre chose que la simple reconnaissance de leur travail, un verre de convivialité, un repas « pirate » pris sur le pouce avant le grand rush du spectacle suivant.
C'est un peu de cela que j'observe de mon promontoire à bière au cœur de la vie festivalière, en cette nuit douce de juillet... Et pourtant ! Pourtant, je n'ose regarder ces nuages qui s'amoncellent sur le parvis de notre ville comme pour signifier que le temps de l'engagement militant est révolu et que doit venir celui des marchands de spectacles fussent-ils les derniers marchands du temple.
C'est peut-être cela que notre présidente voulut exprimer ce soir là dans un discours empreint d'émotion, un verre à la main au milieu de ceux qui ont fait, qui feront encore demain ce moment de la culture vivante, mais qui ne savent pas jusqu'à quand ils auront l'envie de poursuivre. Elle annonçait son départ, pour des raisons...mais là est un autre débat ! En attendant, le festival a ouvert ses portes et je vous attends pour trinquer au bar des ambitions, au troquet des passions, bref au bar de la vie...Tout en chansons 

Moissac le 9 juillet 2008

 

Par Démocrite/Maximilien - Publié dans : Chroniques - Communauté : Plaisirs d'écrire
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Samedi 5 juillet 2008 6 05 /07 /2008 09:09
Du puit ! mais en l'occurrence, je préfère le dicton qui affirme qu'elle sort de la bouche des enfants. La métaphore est connue depuis des lustres et l'institutrice d'Albi aurait du s'en souvenir avant que ne lui arrive tous ces ennuis.

En effet, comment pouvait-elle se douter que des parents grincheux, mâtinés d'une dose de délation, feraient de l'innocente activité d'arts plastiques de la classe un casus belli de mauvais aloi. Certes, il est de bon ton pour la hiérarchie locale de fustiger le manque de discernement de l'enseignante* quand à l'utilisation par un des ses élèves d'une photo de notre président mais peut-on réellement reprocher d'utiliser une figure omniprésente dans les médias. Je ne le crois pas, et ce d'autant plus qu'il s'agissait là de travailler sur les expressions du visage. Personne n'osera affirmer que notre président n'est pas du genre expressif. Bon d'accord, je vous l'accorde, les parents offusqués n'ont pas goûté au plaisir du rapprochement effectué par l'enfant entre le sentiment de méchanceté et la figure connue.

Cependant, cet élève de CM1 a fait preuve, soit d'humour, soit d'une analyse parfaitement maîtrisée de la situation sociale et politique de notre pays. Sachant qu'il n'y avait pas d'interventions d'adultes dans les choix photographiques effectués et que les panneaux produits à cette occasion sous forme de collage étaient diversifiés (sentiments de joie, de colère, de crainte, de fatigue...), nous en concluons que leur présence sur les murs de l'école primaire durant quelques mois n'a pas eu l'heurs de gêner beaucoup de gens... Hormis ces quelques mauvais coucheurs dénonçant courageusement et anonymement ce crime de lèse-majesté, pardon de lèse-président!

Cet épisode révélé dans la presse est à la fois réjouissant et consternant. Réjouissant car on ne peut que se féliciter de l'exercice d'un esprit critique, et ce d'autant plus qu'il est juvénile. Consternant par ailleurs quand on mesure combien la république est centrée sur la stature du chef de l'état. En d'autres temps, d'autres lieux, les mêmes auraient crié à la dictature. Nous n'avons les impertinences que de notre époque ! Cela est bien dommage car là ou disparaît l'esprit joyeux de l'irrévérence, les ligues de vertus et les doctes penseurs de l'ordre strict ne sont pas loin. Je n'oublie pas l'esprit gaulois qui anime notre peuple et sans tomber dans l'excès, j'appelle chacune et chacun à aiguiser sa pensée, son esprit critique chaque fois que cela se peut. Notre petit élève a bien profité de l'école de la république, celle qui forme des citoyens responsables, il passera en classe supérieure, c'est sur ! Son instit en sera quitte pour une remontrance qu'elle accueillera j'espère, un sourire au coin des lèvres...Par contre saurons nous passer en démocratie supérieure ?

Démocrite

*dépêche AFP reprise par Le Figaro

Par Démocrite/Maximilien - Publié dans : Chroniques - Communauté : les auto-édités
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Vendredi 4 juillet 2008 5 04 /07 /2008 10:14

Tu n'as trouvé que de bien tristes,

O tristes histoires à raconter.


Comme d'un dégel qui hante les routes :

Misères

Splendeurs

Sur un pavé de taudis

Quelques part au bout d'une rue !


Tu n'as trouvé que de bien tristes,

O tristes réalités à vivre.


Comme les mots des hommes qui n'ont pas de partages :

Ni de raisons

Qu'ils disent

Ils en avaient jadis

Prophètes en d'autres mondes !


Et toi sénile de bien être

Qui arpente le désert de l'ennui,

Qu'as tu de nouveau à leur dire ?

Par Démocrite/Maximilien - Publié dans : En vers et en prose - Communauté : LA PLUME D'ECRIVAINS
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Samedi 28 juin 2008 6 28 /06 /2008 11:06
La goutte pendouille puis se détache enfin de ce nez qui peine à renifler de nouveau cette perte d'eau. Elle tergiverse un  peu et dans le déhanchement de son propriétaire, elle vole et s'écrase sur le bitume noircit et humide.

D'ailleurs tout est humide, même pas froid, juste aqueux et désagréable mais il ne semble pas s'en apercevoir, penché qu'il est sur son guidon, arc-bouté sur ses pédales en un effort de plus pour hisser sa grande carcasse au sommet du raidillon. Tout est humide et des champs proches monte la brume écumeuse et brouillardeuse qui épaissit le jour, rend caverneux les soupirs de notre héros. La ballade lui est pourtant familière et il sait quand il doit changer de braquet, quand il faut que ses jambes s'alourdissent sur l'engin pour que ce dernier se propulse encore plus haut sans que l'équilibre précaire acquis ne lui fasse défaut. Il sait tout cela et plus encore, puisque c'est dans ce besoin de pédaler qu'il retrouve des rêves que son sommeil lourd lui interdit chaque nuit. Il sait combien c'est bon de rêver éveillé même si cela est au prix d'une danse avec la machine.

Le cadre gémit sous la poussée, il ahane, se déporte pour placer quelques coups en danseuse et enfin... aperçoit le sommet de la côte !

Je sais que je peux y arriver !

Cette côte je l'ai déjà faite maintes et maintes fois... C'est bien de sentir ses muscles se tendre, ses os craquer sous l'effort et cette montée d'adrénaline, cette chaleur qui envahit le corps et participe au moral. Maudit brouillard ! C'est extraordinaire, car en partant, la clarté du jour avait cette saveur d'automne que j'aime lors de mes promenades. Les arbres se distinguaient encore et je voyais nettement les nuances colorées des fruitiers qui perdent déjà leurs feuilles. Je n'ai pas encore perdu mes cheveux, pourtant à mon âge, j'en connais d'autres qui sont déjà à l'hiver de leur chevelure. Moi, je garde les miens, blancs, soyeux et courts comme pour ne pas gêner le casque que je visse deux à trois fois par semaine pour ma ballade. J'aime cette ballade ! Aller, c'est maintenant qu'il faut que j'appuie sur ma bécane...Aller mon pépère, c'est maintenant que tu vas l'avoir, comme d'habitude...

J'ai toujours dit que le jour où je calerai dans cette côte, je serais bon pour le cimetière. Ce n'est pas demain la veille ! Le brouillard s'épaissit. Il doit y avoir un banc de cotonnade qui stagne à l'arrivée de la montée ou alors c'est cette condensation qui me colle à la peau et qui m'empêche de voir le bout d'asphalte de couleur différente qui marque la fin de mon calvaire vélocipédique. C'est toujours quand j'aperçois la bande ocre du raccord bitumineux effectué par je ne sais quelle entreprise que je sais que l'arrivée est proche. C'est un peu le catalyseur qui me donne l'occasion de ralentir et de doser mon effort en reprenant de ce souffle qui me fait défaut parfois.

Je sais que j'y suis arrivé !

Je n'ai plus qu'à respirer à nouveau, puiser dans ce souffle rauque l'oxygène qui me manque presque mais qui trouve son chemin jusqu'aux alvéoles, se charge sur mes globules et se disperse pour apaiser la douleur qui fuse dans chacun de mes membres. Un sourire s'esquisse au coin de mes lèvres et mentalement je recompte le nombre de fois où j'ai franchit cette épreuve depuis le début de l'année : au moins... je ne sais plus, et puis cela n'a pas beaucoup d'importance car une fois encore, c'est fait ! Le brouillard est décidément très épais, je n'aperçois plus le chemin vicinal.

J'aime bien cette route au printemps. On y accède aussi par derrière la maison et c'était le lieu privilégié des promenades de ma tendre et douce. Je dis c'était, car cela fait déjà... déjà combien ? Je ne sais plus ça non plus ! Je sais que j'ai porté ses cendres dans ce vallon des Pyrénées comme elle le souhaitait, au pied de ce pic dont je ne me souviens plus le nom avec ses deux sommets jumelés. Cette route est un peu la sienne et à chacun de mes passages je pense à celle qui fut ma compagne et qui le reste sans nul doute au delà de... J'aime bien cette route qui domine notre vallée avec ses arbres. Tiens la douleur est plus pugnace que d'habitude et ce brouillard qui m'empêche de jouir du spectacle de ces couleurs mordorées que j'affectionne. La douleur est encore là, un peu plus aigu et j'ai maintenant l'impression que la nuit tombe, qu'il fait noir. J'entends le bruit du patin de freinage sur la jante, je porte la main à mon bidon pour étancher ma soif, pose un pied à terre, tourne la tête, et... Je suis arrivé !

La ballade n'a jamais cessé et ne cessera jamais. Son sourire s'est figé et ses yeux aveugles explorent sa mémoire en de multiples tours de roues. Huit ans déjà, qu'il est dans cette maison, huit ans qu'il arpente les recoins de sa vie dans l'immobilité de son fauteuil, roulant. C'est ce jour là, dans la mille deux cent trente troisième montée, à quatre vingt trois ans que son cœur a lâché sous un beau soleil d'automne. Les pompiers, alertés par le voisin ont pu le sauver. Depuis, il n'a jamais cessé de pédaler... La tête dans le brouillard !

Moissac le 9 juin 2008
Par Démocrite/Maximilien - Publié dans : En vers et en prose - Communauté : les auto-édités
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Vendredi 27 juin 2008 5 27 /06 /2008 08:13

Il y a des enfants qui pleurent... quelque part !

Des gosses bouffis de honte... quelque part !

Il y a des tours maudites... autre part !

Des cités absentes de soleil...autre part !

Il y a la mort à tant de détours...nulle part !

Des rêves toujours ensevelis...nulle part !


Il y a ce peuple qui cherche en vain... quelque part !

Un sol pour nourrir bien des ventres...quelque part !

Il y a des fleuves, charognes...autre part !

Des bateaux qui ne partiront plus...autre part !

Il y a la peur qui rampe...nulle part !

Des malentendus suspects...nulle part !


Il y a la nuit des marchands...quelque part !

Des putains gorgées de haines...quelque part !

Il y a la rue resplendissante...autre part !

Des trottoirs qui se rejoignent...autre part !

Il y a la vie, comme un chacun...nulle part !

Des espoirs qui vous dérangent...nulle part !

Par Démocrite/Maximilien - Publié dans : En vers et en prose - Communauté : Plaisirs d'écrire
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"Il est grand temps de rallumer les étoiles."
Guillaume Appolinaire

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