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undefinedJe me souviens de ce grand patron de la distribution qui un  jour affirmait sans rire que la meilleure campagne de publicité pour son groupe de distribution était le sourire des caissières lors du passage en caisse. C’était si je ne m’abuse le PDG du groupe Casino qui exhibait fièrement un séparateur de client comme il en existe sur tous les tapis de caisse en montrant que celui-ci était libellé ; « sourire suivant » en lieu et place du sempiternel « suivant ».

Et puis cet épisode m’est revenu ce vendredi lorsqu’en allant faire le plein de victuailles pour nourrir ma famille (oui je sais, un homme qui fait les courses !…), je me pris à bavarder avec la préposée à la caisse sur le mouvement social dans la grande distribution qui faisait la une des journaux télévisés et radiophoniques. Son sourire était éloquent et bien qu’étant d’une enseigne concurrente, elle se plaisait à raconter comment les employés de la grande surface voisine avaient débrayé pendant au moins 2 heures pour la première fois de leur carrière. Nous avions alors l’impression qu’un espoir s’était levé car son sourire n’avait pas la faconde du commercial convenu et portait plutôt la marque d’une fierté en partie retrouvée.

Cet espoir avait même une saveur particulière lorsque le soir venu, un obscur porte parole de la grande distribution passait en boucle sur toutes les chaînes pour tenter d’expliquer le peu d’incidence de cette action sur le fonctionnement des usines à consommation. La bataille de chiffres qui s’ensuivait perdait de l’importance tant l’événement se suffisait à lui même. Ces femmes, et ces quelques hommes aussi, avaient osé braver leurs chefs, leurs patrons si puissants, se situant toujours dans le top 50 des plus grandes fortunes françaises. Ils/elles avaient eu l’affront de réclamer moins de temps partiels contraints, des salaires décents, des conditions de travail humaines, bref une vie meilleure …

Cela fait longtemps que j’ai une tendresse particulière pour ces personnes qui s’accrochent à cette parcelle de travail comme pour ne pas sombrer dans la misère et cela fait longtemps déjà que je ne peux m’empêcher de converser avec elles chaque fois que cela est possible. C’est ma façon à moi de mettre du sens et de l’humanité dans les rapports que j’entretiens avec ceux et celles qui souffrent de cette vie imposée et réductrice de la pensée humaine. Gageons que vous en ferez autant à la suite de mon propos…Gageons que vous soutiendrez du mieux possible leur prochain mouvement !

Démocrite Le 1er février 2008 

 

Tag(s) : #Chroniques