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...C'est au matin du dimanche suivant que s'imposa à mon esprit la présence de la belle non loin de moi. Je tiens ici à préciser que je ne suis pas un homme volage et que je satisfais et plutôt mieux que d'autres, du moins je le crois, à la vie commune que j'entretiens avec mon épousée. Je dis cela sans forfanteries mais avec le sentiment d'une harmonie partagée. C'est en ouvrant les volets, disais-je, que la vision de sa robe écarlate, ses grands yeux ronds m'obligèrent à obliquer mon regard en sa direction. Elle était bien là, impassible, m'obligeant à rougir sous l'affront de son insistante beauté.

Le ridicule m'atteint avant même que je ne puisse à nouveau respirer et mon trouble devint embarrassant quand ma douce moitié s'enquit de mon émoi. Ce dernier avait pris une tournure virile que ma nudité ne pouvait cacher plus longtemps. En me glissant sous la couette, je ne pris pas plus de risques et le convertit en caresses conjugales bienvenues. Le reste est affaire de tendresses sous la pointe d'un rayon de soleil. Je n'en dirais donc pas plus !

La journée fut aimable et fort dispendieuse en énergie familiale. Nous aurions pu, et cela n'est un secret pour personne, en oublier qu'il en est ainsi de ces dimanches où la vie est tellement agréable que l'on enfouit profondément l'idée même que le lendemain ou la veille forment aussi une semaine complète avec son lot de tracasseries et vétilles. C'est, je crois, le prix de notre intégration sociale qui donne du sens à la place que nous sommes censés occuper sur cette planète et dans notre société. Le jardin eut à subir de nouveau mes assauts gaillards et ma belle se perdit dans la voluptueuse pénombre d'un soir d'été où seuls comptent le nombre de glaçons dans un verre anisé.

Le retour à des réalités plus prosaïques m'obligea à redéfinir ma vision du monde et ma course contre le temps s'enorgueillit de ne pas pouvoir me permettre de faire ce que j'avais décidé de faire. Entre les impondérables d'un métier qui fait le bonheur de mes journées, je slalome en tentant de concilier ces obligations avec celles que je m'impose pour faire bonne figure et ressembler à celui qui est tout le temps occupé. Il faudra un jour que j'ose poser mes valises et que je redéfinisse le pourquoi des multiples strates sociales que je m'impose et qui me renvoient dans le miroir l'image d'un homme occupé et gonflé d'une importance parfois factice, quitte à faire souffrir mon ego.

Le passage du lundi matin fut prompt à révéler ma nervosité du moment et ce ne fut qu'au mitant de la semaine que je m'enquis de nouveau du sort de ma belle voisine. Sa robe était de la même couleur et un rayon de lumière caressait ses formes avec une volupté que j'enviais à ce moment délicat de notre relation naissante. En écartant le rideau de la salle à manger je pus l'observer sans qu'elle ne me voie ni ne sache que mes yeux se portaient sur le chrome de ses atours. Le silence de la maison avait cela de charmant qu'il ne pourrait se briser que de par ma propre volonté et je ne me lassais pas de contempler à foison les éclats de la belle qui, à cet instant, me tournait le dos offrant à ma concupiscence de quoi alimenter mes désirs. Je me replongeais derechef dans mon ouvrage sentant au front comme une chaleur...

La fin d'après midi décrue et je trouvais enfin le rythme adéquat pour terminer les tâches que je m'étais assignées. Les coups de téléphone s'enchaînaient, les touches du clavier offraient à mes doigts une écriture devenue limpide et mon écran s'illuminait pour moi seul, absorbé que j'étais dans mes travaux obligés. Je devenais efficace, efficient même et commerçais avec mes obligations de telle sorte qu'à l'arrivée de mon épouse, je me savais disponible. Cela devait se voir car cette dernière...
Tag(s) : #En vers et en prose