Vendredi 11 juillet 2008 5 11 /07 /2008 09:36
A cent lieues du show bizz télévisuel, la soirée de jeudi était colorée d'une voix tzigane qui faisait frissonner les spectateurs d'un soir. Le velouté du timbre faisait vibrer en nous cette partie enfouie de notre être qui doit se souvenir combien notre métissage originel est riche de diversité, de culture. Perchée dans le feu des projecteurs, Norig parlaient d'amour dans la langue des passions et de traduction, nul n'en avait besoin pour vivre à l'unisson aux accents manouches, jazzy des cinq musiciens qui portaient le verbe en musique.

Pourtant, la soirée s'annonçait plutôt terne car après une inauguration du festival sans grande foule, nous pouvions à juste titre nous inquiéter de la venue du public. Les discours avaient été tout de retenue conventionnelle et les officiels avaient réussi à délivrer leurs fades messages habituels à coup de remerciements, de rappels subventionnés devant un parterre clairsemé composé des bénévoles et de quelques citoyens épris de culture et d'intérêts. Mme la Présidente clôturait cette phase obligatoire avec des applaudissements nourris sans pour autant faire état des changements qui s'annoncent à la tête du festival pour les prochaines années. Au micro, les orateurs avaient choisi le consensus pour un lancement « soft » du festival 2008. Etrange époque que nous vivons là !

Ce n'est qu'après un passage gourmand et nécessaire chez « le pirate », notre cantine des bénévoles installée entre les murs du centre culturel que mon retour sur les berges du canal a coïncidé avec le début du concert. Le monde avait répondu présent et même si les conversations un tantinet bruyantes se poursuivaient autour du bar et de l'espace restauration, les premières notes emportaient l'adhésion du public. Votre serviteur retrouvait alors sa place au centre du débit de boissons pour actionner la fameuse poignée qui délivre ce liquide ambrée et moussu fort apprécié en ces temps de chaleurs estivales. C'est là que j'aime la réalité du festival avec ces inconditionnels qui s'installent pour la soirée et qui de conversations en conversations s'approprient un bout de planche, avec ces pressés qui viennent en courant pour ne pas rater une once du spectacle, ces petiots qui balbutient le nom de la boisson convoitée en tendant les sous de maman... C'est là que se mesure l'appétence du public pour les artistes sur scène et hier soir, nous n'avons finalement que peu travaillé pendant le tour de chant. C'est bon signe ! Nous étions alors 4 bénévoles et non des moindres à tenir la buvette pour le plus grand plaisir des présents.

Avec le brouhaha des chaises empilées et des tables démontées dans un ballet efficace des jeunes de « la volante », les derniers convives d'un soir se pressaient encore quand je m'éclipsais, tentant une fois encore de concilier ma présence avec une vie familiale. Le rideau est tombé, les acteurs du festival, les obscurs, les petites mains qui le font vivre retournaient alors à leurs rêves, le temps d'un repos court mais amplement mérité...

Démocrite

Moissac le 11 juillet 2008

pour le programme du jour: http://www.vibrations-festival-moissac.fr


Par Démocrite/Maximilien - Publié dans : Chroniques - Communauté : les auto-édités
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