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Je ne sais pas ce qui m'arrive mais je n'ai plus envie. En fait si, j'ai envie mais je ne sais trop de quoi. Je voudrais, je pourrais, je serais... La lumière se fait plus vive ! Et cet autre qui me regarde comme une bête curieuse, cet adulte que je ne connais pas de l'avoir trop souvent vu. Celui là même qui me dit non et encore non quand je voudrais le contraire. Ce non qui vrille ma tête et qui résonne comme les feux d'artifices l'autre soir avec maman, papa. Ce non insupportable qui se déchaîne en des milliers d'étoiles dans mes yeux quand je ne vois plus que lui, elle, je ne sais plus. J'ai envie de crier, et ma bouche profère ces insanités, ce torrent d'injures et de menaces pendant que mes poings se ferment à me faire mal sur mes ongles abîmés, sur mon impatience quand soudain, ma colère gronde, explose et mes gestes rencontrent l'autre à vouloir lui faire mal, le toucher pour prendre sa douleur en échange de la mienne quand je ne traverse que le vide, aveugle de ma rage. Il n'y a plus rien autour de moi que cet espace que je m'efforce de remplir de ma folie, donnant des coups de pieds, de poings, saisissant là un objet long et lourd dans mes petites mains, pour le porter sur l'autre qui recule puis revient, qui me cherche, s'approche encore et encore. La lumière blanche m'éblouis ! Mes jambes me portent en arrière, me contraignent à la retraite quand le sol semble se dérober sous moi emporté que je suis par d'autres bras, un autre souffle sur mon épaule et ma tête qui  va éclater, qui se redresse pour cracher sur ce visage que je connais pourtant, qui sourit malgré l'effort. Soulevé, je me retrouve au sol maintenu par cette force que je ne supporte plus et qui entrave mes mouvements, ma joue contre le carrelage, mes mains prises en un puissant étau quand mes jambes s'agitent encore et que je hurle ma douleur avant que... Avant que les larmes ne me montent aux yeux, me rendant à une cécité brumeuse. Je hurle encore et encore pour dire combien j'existe, combien j'ai mal à ma vie et combien je ne comprends pas pourquoi c'est moi qui suis là par terre, misérable et convulsif. Une main s'aventure dans ma tignasse, des doigts s'alignent le long de ma nuque en une caresse irisant un instant mes nerfs à fleur de raison. Mes paupières s'emplissent d'une humidité qui se répand sur ma face bleuie par l'effort et mes mouvements se font plus sporadiques, les coups ne veulent plus atteindre leur cible et d'abord quelle cible ? A qui voulais-je faire du mal ? A qui et surtout pourquoi ? Je ne sais pas, je ne sais plus !....

(à suivre dans les prochains jours...)
Tag(s) : #En vers et en prose