Pour qui fréquente assidûment notre marché hebdomadaire, il n’aura pas échappé à la conscience aiguisée combien
la dernière période est difficile pour les consommateurs comme pour les commerçants. C’est ainsi que rencontrant il y a de cela deux semaines un couple d’alertes retraités de ma connaissance, je
m’enquis auprès d’eux de leur santé, des enfants, et des petits enfants…
Bref, la conversation tournait à une banale réalité et nous nous quittâmes contents de notre échange. La
matinée tirait à sa fin et je m’apprêtais à quitter les étals quand je les revis bras dessus, bras dessous et…. Le panier vide ! Je n’eu pu remarquer cela si le dimanche suivant les mêmes
passèrent un moment encore sur le marché, me saluèrent et repartirent quand je les croisais à nouveau vers midi le panier une fois encore vide. Il y avait alors dans le regard de la mamie, un
« je ne sais quoi » d’indicible qui confinait à une colère rentrée, une sourde et farouche détermination que je n’arrivais pas à analyser sur le moment. Renseignements pris, le couple
n’arrivait plus à « boucler » ses fins de mois et malgré une pension honorable, la ballade du dimanche matin s’était transformée en promenade du panier sans que ne puissent s’y
installer légumes et produits qui faisaient alors le régal de nos amis.
Si j’avais l’heur de singer M. La Fontaine, je trouverais une morale à cette fable qui n’en est pas une. Ce
n’est pas le cas et il y a dans cet exemple toute la violence d’un monde qui n’épargne pas les petits, les sans-grades, celles et ceux qui n’aspirent qu’à vivre bien et
tranquille.
Et cette violence se fait quotidienne quand les entreprises, les unes après les autres annoncent au mieux des jours chômés, au pire des plans de licenciements. Près de chez nous, ils baissent le rideau, stoppent les machines, arrêtent les engins en nous, vous faisant croire que ce n’est pas de leur faute, que personne n’y peut rien…. Pourtant au détour d’une dépêche*, nous apprenons je cite : "ArcelorMittal ne peut pas priver ses actionnaires de dividende", mais proposera "de vraies mesures d'accompagnement" aux 1.400 salariés français dont les postes sont supprimés… Le propos se fait alors emblématique !
Ainsi se définit notre société avec ce cynisme d’aujourd’hui qui la caractérise, qui privent de noël les enfants et petits enfants de celles et ceux qui triment dans les boites pour permettrent au fond de placement actionnarial « X » de garder ses dividendes. Violences quotidiennes quand un sénateur turbulent va jusqu’à franchir les limites de la décence en proposant d’indemniser les petits porteurs qui ont perdu en bourse… Violences quotidiennes encore quand ….
La liste est longue !
Gageons que le respect et la dignité humaine vont retrouver des couleurs, que nous saurons de nouveau brandir le drapeau de la justice sociale, car, mais je peux me tromper, ce n’est pas ce monde que nous pouvons souhaiter pour nos enfants.
*Info AFP parut sur le site http://www.boursorama.com/infos/actualites/
Moissac le 12 décembre 2008
| Décembre 2009 | ||||||||||
| L | M | M | J | V | S | D | ||||
| 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | |||||
| 7 | 8 | 9 | 10 | 11 | 12 | 13 | ||||
| 14 | 15 | 16 | 17 | 18 | 19 | 20 | ||||
| 21 | 22 | 23 | 24 | 25 | 26 | 27 | ||||
| 28 | 29 | 30 | 31 | |||||||
|
||||||||||