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Arthur H revient avec Baba Love. Un album 
dédié à la beauté 
de l’amour. 
À découvrir en live dès la semaine prochaine, 
au Centquatre.

Baba Love, il y a quelque chose de rond et de chaud dans le titre de cet album. Que mettez-vous derrière ces mots ?

Arthur H. Quelque chose de très doux. Une espèce de moment où on lâche les armes pour donner et recevoir tranquillement. Des instants d’abandon qui arrivent assez rarement dans la vie. Baba, c’est cette idée d’être étonné en essayant d’avoir un regard frais, neuf, marrant sur les choses. Et love, c’est ce côté sweet, très chaud.

Cela pourrait rappeler l’esprit peace and love des babas…

Arthur H. Pas tout à fait même si j’apprécie le mouvement hippie, baba cool, qui me rappelle mon adolescence. Au lycée, je trouvais que les babas étaient très mous alors que moi je commençais à écouter The Clash, du reggae ou du punk, des choses un peu plus dures. Eux, ils écoutaient des groupes comme Genesis, Yes...

Les ambiances offrent un groove parfois électro hip-hop. De quel univers rêviez-vous ?

Arthur H. Je voulais un disque à la Gorillaz, avec un côté lyrique, symphonique, mélodique dans les harmonies et un groove hip-hop très actuel. Un son assez urbain à travers des titres comme Basquiat ou le Paradis chinois. Ce qui m’intéresse de plus en plus, c’est ce mélange entre l’urbain et l’organique. Comme si la ­nature reprenait possession de la ville. Ce que j’essaie de faire dans ma musique, c’est qu’il y ait des autoroutes et la forêt ensemble. Aujourd’hui, on n’a jamais eu autant besoin de se ressourcer, de se reconnecter à une énergie qui est un peu plus pure, drôle, vibrante. On ne peut pas être trop dans le normatif ou dans le quotidien, sinon on se dévitalise.

Aimez-vous la ville ?

Arthur H. Je m’y sens bien par habitude. Étant né et ayant grandi à Paris, je me sens à l’aise dans n’importe quelle ville. Mais je me sens quand même beaucoup mieux quand je suis seul dans la nature. Il y a un niveau de saturation aujourd’hui qui est important avec un effet de compression à tous les niveaux.

"Au milieu de la nature, on devient plus calme,
on est plus à l'écoute de ses propres sensations."

Vous avez écrit cet album dans les Landes. Est-ce à dire que vous avez besoin d’isolement pour composer et créer ?

Arthur H. Dans les villes, il y a trop de monde, d’énergie, de confusion. Il y a une espèce d’entassement stimulant mais qui est assez perturbant aussi. Si on veut créer, on a intérêt à s’isoler. J’ai envie d’écrire de la musique et des textes qui soient harmonieux. Quand on est au milieu de la nature où tout est beau, la lumière, les couleurs, l’air, il y a quelque chose qui se tranquillise en soi. On devient plus calme, du coup, on est plus à l’écoute de ses propres sensations.

On a le sentiment que 
vous vous êtes davantage lâché au niveau de votre 
voix, à l’image de Dis-moi tout et son interprétation assez lyrique de votre part…

Arthur H. Je la travaille beaucoup. J’ai envie que ma voix soit fluide, libre, ce qui n’est jamais évident. Pour ce disque, j’ai essayé de me relaxer, de la chauffer, de lâcher les tensions. Il y a une souplesse intérieure à trouver, il faut détendre ses muscles, tout en étant bien droit dans son axe. Quand la voix sort librement, cela reste le plus bel instrument du monde.

Une de vos chansons évoque Basquiat. Êtes-vous sensible 
à son bouillonnement créatif ?

Arthur H. J’ai vu l’expo qui lui a été consacrée récemment. Le seul truc qui ne me parle pas chez lui, c’est son côté destroy, autodestructeur, toutes les drogues, et le fait qu’il se soit détruit lui-même. Je trouve cela simplement triste. À part ça, ce que j’aime chez lui, c’est toutes les libertés qu’il a prises, le fait qu’il ne se pose pas de questions. Il fonce et ne se dit pas qu’il a des limites. Il est vraiment au-delà de ça. J’aime beaucoup le mélange de New York et d’Afrique. Il y a le rapport très direct à la liberté de l’enfance. Je pense qu’il était dans le domaine du jeu, dans la vie. Il y a à la fois le côté enfant capricieux et le côté enfant libre. Ce que j’aime aussi, c’est cette impression d’énergie pour la vie mélangée à une espèce de grande colère et de mélancolie. On a tous à faire avec ce genre de sentiments. C’est quelque chose qui est très dans l’air d’aujourd’hui.

Comment concevez-vous 
votre rôle d’artiste ?

Arthur H. Un chanteur, c’est un poète qui vibre. Il doit donner de l’énergie aux gens toujours dans cette idée d’élan vers et pour la vie. Un bon concert ou un bon disque, c’est des moments qui doivent aider à recharger les batteries et à s’armer un peu pour affronter les difficultés de la vie. C’est une parenthèse enchantée qui doit aider à sortir momentanément de son marasme personnel.

Tag(s) : #Cultures et copinages