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Raymond Jean sur Apostrophe. Capture vidéo de l'Ina

L’auteur de « La Lectrice », de « Fontaine obscure » était un écrivain fécond, un enseignant généreux et un militant communiste très engagé dans la vie de sa région. Il avait 87 ans


À chacun son Raymond Jean : gage d’une existence bien remplie, consacrée à des activités multiples et multiformes. La simple mention de son nom fait se lever des témoignages qui font presque douter qu’il s’agit bien du même homme. Les uns se souviennent d’un professeur qui enchantait ses étudiants en lettres à la faculté d’Aix-en-Provence. D’autres se rappellent les combats pour enlever à la droite la mairie de la vieille cité provençale. Certains l’ont découvert après avoir vu Miou-Miou dans « La lectrice », de Michel Deville, adaptation d’un de ses romans, écrit en 1985. On pourrait citer aussi le poète du « Bois vert », publié en 1953 chez Seghers. Il y en a d’autres : son soutien à Gabrielle Russier, cette enseignante poursuivie pour avoir eu une histoire d’amour avec un de ses élèves, et qui s’est suicidée en apprenant que le parquet faisait appel de son acquittement, avait fait grand bruit dans le département en 1969. L’auteur de ces lignes préfère celui dont le roman, « La Fontaine obscure », avait été publié en feuilleton dans l’Humanité en 1976. On y lisait l’histoire de Gaufridi, curé des Accoules à Marseille, brûlé pour avoir aimé une de ses paroissiennes. Vous avez dit « résonance » ?

 

Tel était Raymond Jean, né le 21 novembre 1925, à Marseille, d’un père inspecteur des Douanes et homme de gauche. Résistant, il poursuit ses études de lettres qui le conduiront à enseigner en Bretagne, au Viet-Nam et au Maroc. Rappelé en France pour son soutien à la lutte des Algériens pour l’indépendance, il est nommé dans sa région natale. Il mène de front carrière d’écrivain, quittant tôt la poésie pour le roman, et de professeur d’université, une brillant essayiste. On lui doit ainsi, dans la veine littéraire « Le village », (1966), « La femme attentive », (1974), « La rivière nue », (1978), « L'or et la soie », (1983), « L’Attachée » (1993) entre autres titres d’une bibliographie prolifique. Il est également l’auteur d’essais sur Éluard, Nerval, Chénier, Sade et d’études de théorie littéraire et poétique. Il fut un des animateurs d’ « Europe » et un critique littéraire du « Monde », toujours très suivi.

 

Ces activités ne l’empêchent pas d’être un homme de convictions, qu’il rappelle dans « La  La singularité d'être communiste » (1979). Ni d’être un homme d’action. « Il fut élu à nos côtés comme conseiller régional apparenté communiste aux élections de 1992 qui virent la victoire de JC Gaudin et la montée en puissance de l’extrême-droite régionale. » rappelle le groupe Front de Gauche au Conseil Régional PACA qui, dans on hommage, salue sa mémoire et souligne « Avec l’ensemble du groupe communiste, il resta ferme face aux manœuvres douteuses de Bernard Tapie pour s’emparer du Conseil Régional. »

 

C’était un homme complet, de savoir, d’art et d’action dont nous saluons la mémoire.

 

  • À lire :

--> L'hommage que lui rend le Groupe Front de Gauche PACA

Alain Nicolas

Tag(s) : #Cultures et copinages