J’aurais voulu écrire bien des mots pour te dire combien je suis fier et heureux ou l’inverse peut-être de te voir, 30 ans après, franchir le rubicon. Je t’avoue enfin et très humblement mon admiration devant cet anticonformisme que tu brandis tel un épouvantail pour effrayer le commun, nous autres pauvres hominidés qui ne savons te comprendre ni t’apprécier. Tu ne te rends pas toujours compte, et tu poursuis ta route avec une telle ténacité que tu n’en fini pas d’engranger les succès à force de courage et d’impatiences. D’accord, tu t’es octroyée une mention, pas la meilleure, ni la moindre comme si tu voulais prouver à ces oiseaux de mauvaises augures combien tu sais compter, surtout sur toi même ! En bousculant une fois de plus l’évidence tu as su accrocher tes rêves au panthéon des réalités. Un bien beau franchissement de cette ligne imaginaire qui tourne définitivement le dos à l’enfance, l’adolescence et te propulse sans égards dans un monde d’adultes que je te sais fréquenter assidûment depuis quelques temps déjà. Qu’importe, la porte s’est entrouverte et tu l’as poussé de toutes tes forces pour affirmer ton existence et ton espoir à l’accomplissement de tes projets.
Finalement, la seule question que je puis poser est de savoir comment va se construire ta nouvelle vie et son corollaire, notre nouvelle relation. Car même si de cette étape, nous en boirons le succès (et je jouerai assurément mon rôle de père comblé !), il n’empêche que ton avenir est loin d’être serein dans cette société que nous subissons à défaut de l’avoir construite à notre idée. Je gage que de nombreuses épreuves animeront encore tes pas. De ton art, ou devrais-je plutôt dire de la multitude des arts que tu es capable de déployer, il te faudra en vivre, au sens propre comme au sens figuré, et c’est ce pari audacieux autant que risqué pour lequel je souhaite être encore longtemps à tes côtés. Tu n’imagines pas combien je suis heureux de te savoir bachelière…
Tu vois, tu n’en fini pas d’être « la fille à ton père » et cela restera. Mais cela n’est-il pas mieux ainsi ?
Moissac le 7 juillet 2009
Force
est de constater que la crise n'en ait pas une pour tout le monde comme dirait le bon sens qui présage aux lapalissades les plus en vogue du moment. Dans tous les cas ce n'est pas EDF qui me
démentira puisque cette vénérable entité privatisée depuis peu mais encore chargée d'assumer le service public de fourniture d'électricité fait la une des journaux lorsqu'elle part faire des
emplettes en Angleterre. Vous me direz : en quoi cela nous concerne ? C'est là ma brave dame, mon bon monsieur, que votre serviteur hausse un sourcil, se renseigne, cherche et recoupe
des informations pour aboutir à la conclusion suivante : nous allons payer encore plus cher notre électricité pour permettre à EDF de construire des centrales nucléaires de type EPR en
Grande-Bretagne parce que personne dans le monde ne veut vraiment acheter cette technologie.
Il y avait un peu, et même beaucoup de cela dans l'hommage rendu au poète
berbère, Slimane Azem, dans la grisaille moissagaise de cette fin d'octobre. Il s'agissait plus que d'une dédicace car ici, point d'orgueil, seulement des hommes et des femmes, humbles, presque
timides d'être ainsi sous le feu des projecteurs qui n'ont à partager que leur mémoire comme une écharpe avec ses douleurs, ses cris, ses déchirements et ses joies. Ils étaient venus, nombreux
mêlant leur youyous à la foule assemblée dans ce sanctuaire de l'écriture romane, dans une salle soudain rendue trop petite pour la grandeur d'âme d'un poète disparut, il y a... 25 ans
déjà ! Il n'est jamais trop tard pour mesurer la portée des mots et les centaines d'écrits de l'homme dans l'exil permanent de sa vie se devait d'être d'une résonance à nulle autre pareille
dans une communauté éparse et démantelée pour ne pas avoir voulu se soumettre, hier aux coloniaux, aujourd'hui aux intégrismes de tout acabit. Puis vint le soir et la foule compacte qui se
pressait aux entrées de ce temple moderne dans lequel les dédicaces prenaient des accents musicaux à l'image des volutes sonores qui envahissaient la scène, les coulisses et la salle toute
entière. Les enfants de la chorale avaient de l'impatience dans la voix et de la passion dans les mots sous la houlette de Mouss et d'Akim, passeurs de mémoires dés cet instant. La rencontre
avait des accents que ne renieraient aucunes marseillaises au monde. La rencontre avait alors une majesté inégalée et, nous voisins inconscients d'avoir laissé cette voix dans l'ombre tant
de temps, nous n'avions d'yeux que pour Idir, sa faconde, sa présence et sa manière de rendre l'hommage brillant pour l'inscrire au firmament de la chanson.
Rien alors ne sut, ni ne put
arrêter l'expression des 2ème, 3ème et bientôt 4ème générations qui ensembles, dansaient aux sons des montagnes, dans un mélange détonnant d'électro-acoustique,
entre l'ancien et le moderne... Les dédicaces des uns et des autres au poète disparut prenaient alors des hauteurs insoupçonnées et l'éternité se peuplait de la présence de tous ceux qui savaient
combien il faut savoir aimer les siens, chérir ses origines et construire sa vie, sur un bout de terre pour savoir combien cette dernière est notre bien commun, combien celle ci est
universelle... Gageons que nous saurons les entendre !
Derniers Commentaires