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Lu Pour Vous: 1 an déjà!…

Il y a un an, Jean Marie Cassou, choisissait de nous quitter, victime d’un système autant local que national qui ignore les hommes, nie leurs valeurs et les empêche de vivre dignement!

Chaque année à la date anniversaire, le site Moissac Au Cœur se taira en signe d’insoumission à ce système et pour que chacun puisse se souvenir de notre ami et camarade.

A l’inverse, que cela soit source de cauchemars pour certains!

Le texte que je n’ai jamais pu lire…..

Amertume posthume

Jean Marie Cassou (10 décembre 1960- 1er juillet 2012)

Il en est des systèmes comme des hommes: ils ont tous leurs zones d’ombres alors que c’est à la lumière que devraient s’éclairer nos vies. Nous vivons dans une société ou la part de cette lumière s’obscurcit chaque jour laissant peu de place à l’humain. Nous vivons, ou devrais-je dire : « survivons » dans ce monde de si peu d’humanité autant par nécessité que par notre besoin d’avenir. De doctes penseurs, gens de biens à défaut de respect l’ont bien compris qui ont érigé ces principes en fonctionnement, usant de leur argent, puissants seigneurs d’aujourd’hui, pour réduire à néant celles et ceux qui osent mettre en cause leur pouvoir… et donc leur système ! Ils sont d’ici pour être aussi d’ailleurs et ceux d’ici ont la malveillance à la hauteur de leur emprise.

Alors ne restent que les mots, nos mots, d’une parole différente pour percer le brouillard, desserrer l’étau, respirer enfin et gagner une place au soleil si le temps nous est donné de le faire.

Mon ami, mon camarade, tu savais tout cela plus encore que tout autre.

Pourtant cela n’aura pas suffit et l’entrée dans ton second cinquantenaire a pesé plus que de raison sur le quotidien. Entre les murs qui s’érigent et les portes qui se ferment, la combativité s’est émoussée et le désarroi a remplacé toutes ses amertumes accumulées au fil du temps. Il y a eu tout autant de l’espoir malgré cette colère dirigée contre soi et devenue meurtrière pour ce qui te concerne, vieux frère. Et si tu le veux encore et je n’en doute pas un instant, ton espoir brisé en ce monde si difficile, nous allons le porter, non pas pour toi mais pour eux tous qui ont tant besoin de savoir qu’il existe un autre lendemain.

Mon ami, mon camarade, tu as tellement dit les choses et nous n’avons pas su en entendre les raisons, qu’aujourd’hui de ton absence, notre sourde colère gronde et s’étendra comme une braise qui ne saura jamais s’éteindre. Il en est ainsi des hommes qui cessent d’être pour ne plus vouloir paraitre alors qu’en conscience, nous savons qu’il faut combattre encore et toujours. Rien ne sera plus puisqu’il faut en désigner les coupables et porter plus haut et plus fort les valeurs qui furent tiennes comme un drapeau dans le vent des indifférences.

Alors, à l’heure des oraisons funèbres absentes, nous serons de celles et ceux qui s’engagent à l’avenir pour te rendre justice en mettant en lumière les méandres des connivences et des compromissions qui ont étouffé ta voix pour à jamais te faire taire. Je serais de ceux là pour ne pas vouloir brider ma colère et transformer ton cri posthume en combats comme une déclaration permanente de guerre jusqu’à ce que ma voix s’éteigne à son tour.

Je vieillirais pour toi en allumant le feu de tous ces rêves-lutions que nous ne ferons jamais ensemble !

Mon ami, mon camarade… A toi !

Maximilien

Tag(s) : #En vers et en prose, #Chroniques, #Ils, elles le disent si bien, #Mots d'humeur