La pluie n'a cessé de rappeler sa présence tout du long du week-end. Des spectacles déplacés, voire annulés, des festivaliers un peu
déroutés et pourtant dans la tourmente des orages, l'impassible maîtrise de la direction du festival, qui prend des décisions justes et qui permet de rallumer une fois encore les feux de la
rampe, en d'autres lieux, d'autres espaces. « The show must go on », chantait un de mes chanteurs préférés... Le spectacle a continué et le ballet incessant des bénévoles s'adaptant à
toutes les situations n'a jamais cessé. Manu Galure a trouvé la salle à sa dimension et l'inauguration de fait du hall de Paris n'est pas passée inaperçue même si M. Eicher s'étonnait encore
d'une scène le privant de démesure. Le festival déroulait ses phrasés, ses notes acidulées entre les gouttes et les déceptions de ceux qui cherchent encore les P'tits t'hommes en fin de soirée.
Le concert est devenu privé devant un parterre conquis et flatté que les éléments lui réservent cette surprise. Dans les jardins, les artistes ont œuvré sans discontinuer avec des spectateurs
faisant honneur à l'hospitalité des habitants de Moissac. On est venu de loin, à la rencontre d'amis en ce 14 juillet et les couleurs républicaines n'ont pas eu à rougir de notre Steve Warring,
poète, rimeurs de rêves et de mots pour les petits et pour les grands quand aux sons d'une voix puissante, la veille sous les platanes, Dorembus se faisait l'écho d'Imbert Imbert. Enfin, Yamlayam
pouvait mettre en lumière et en beauté, les sensibilités écorchées de la vie et de la poésie avec sa troupe disparate de gens de bien et de commun qui d'un mot font une phrase et d'une phrase un
slam, pour dire la vie, pour dire l'avenir...
Le village s'inscrivait alors pour un banquet fraternel que le bal populaire clôturait dans une nuit que nous voulions tous
étoilées.
Le rideau est tombé sur les derniers artistes, sur celles et ceux là même qui donnent du sens au festival, ces bénévoles, un peu
fatigués, qui reprendront le chemin de leurs activités habituelles... Demain matin !...
Le rideau est tombé, la parenthèse s'est refermée, le spectacle se poursuit, ailleurs, dans nos cœurs, nos têtes et nos
souvenirs.
Mesdames, mesdemoiselles et messieurs, en un mot comme en cent, j'ose vous dire merci !
Moissac le 14 juillet 2008