VII
Dés-enchantement
(complainte du…)
Dis moi pourquoi, j’le savais en moi
J’le devinais et le portais d’un sourire
Tel une pierre, une croix sur mes pensées
Avec une confusion des sentiments,
Dont j’avais oublié la saveur pimentée.
Ben mon Paulo,
T’as pris une chicore
Une sacrée dérouillée
Toi qui n’savais pas encore
Comment d’un cœur on peut railler.
Dis moi pourquoi j’l’avais parié
Comme si l’incongru ne pouvait
Telle une leçon inéluctable et réaliste
Gommer les aspérités de la vie,
En cela, vivre ce moment, ne plus être le vieux
Ben mon Paulo,
T’es refais d’une longueur
A la course des sentiments
Toi qui n’savais plus la saveur
Comment d’un cœur parfois on se ment
Dis moi pourquoi la blessure est profonde
Comment l’amertume a changé de corps
Telle une vague qui submerge le cœur
Comme si de se mettre à nu,
Créait un dépassement de tes peurs
Ben mon Paulo,
T’es tout froissé, chagriné
D’une impossible passion
Toi qui, sans cesse, te protégeait
Comment as-tu pu cet’déraison ?
Dis moi pourquoi d’une simple pulsion
Tu as déplacé le cadre, rompu l’équilibre
Tel un fouet qui claque, se love
Pour affirmer que tu es libre
Comme si je ne le savais que trop, intensément
Ben mon Paulo,
Tes larmes ont un goût de sel
Tu t’es pris les pinceaux
Dans des morceaux d’arc en ciel
Et t’as pas réussi à revenir
Dis moi enfin, si tu le sais, pourquoi cet air triste
Cette ombre sur tes yeux qui me tracasse
Tel celui qui ne te veux qu’un peu de bonheur
Pour ne te savoir qu’heureuse
Comme si de ma part il pouvait en être autrement
Ben mon Paulo,
Tu vois même injuste, ta vie
Comme elle, tu restes présent
Ravale tes sanglots, souris
Ton amour ne se pliera pas aux rides du temps…