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C'est en rentrant ce soir-là que je l'aperçus dans sa robe écarlate.

L'été s'achevait en un long monologue de soleil palissant sur notre aimable vallée et la reprise du travail après cette brève période d'inaction me poussait à prendre la clé des champs chaque fois que je le pouvais.

Ce soir, précisément, c'est mon humble jardin qui allait faire les frais d'une débauche d'énergie contenue depuis quelques heures dans le carcan des obligations salariales.

Jusqu'à présent, rien n'indiquait sa présence et pourtant en longeant ma terrasse pour me rendre sur le lieu de mes futures et vertes exactions, je ne pus m'empêcher de couler un regard que je me surpris teinté de concupiscence coupable. Le mal était en terrain conquis et une pointe acérée vrillait mon palpitant.


Il faut dire aussi que je ne rechigne pas à la vision d'une joliesse et je garde au fond de moi quelques clichés relevant la tristesse de ce monde comme pour me rassurer de l'existence de la beauté, y compris au fin fond de ma campagne embourgeoisée.

C'est peut-être pour cela que je me mis avec entrain à sarcler mes pauvres pieds de tomates déjà en déclin qui rendaient l'âme et le reste en tentant de faire rougir les derniers fruits d'une saison qui n'avait pas tenu ses promesses. Toujours est-il que la sueur venant à mon front, je ne me départis pas de mon allant et j'enchaînais les rangs avec une vigueur que laissait augurer une soirée pressentie d'ores et déjà comme aimable. L'arrosage fut du même acabit et, trempé autant que mon terrain, je ne m'astreins à rejoindre la maisonnée qu'à l'heure du potage fumant dans les assiettes. Déjà presque à l'heure espagnole !

En rangeant les outils de mon labeur, je jetais un œil discret... La sauvageonne était présente, comme attentive à ma débauche d'énergie!

Je ne pus réprimer un sourire quand d'instinct je jetais ma chemise négligemment sur mon épaule dénudée et bombant le torse, rentrant le ventre, j'affrontais ce regard dont je ne doutais alors plus de la sagacité.

A l'angle du mur, à l'abri de la vue déstabilisante, je poussais un soupir de soulagement en reprenant ma faconde habituelle.

Ma tendre épouse n'eut alors pas de mots assez durs pour me rappeler combien sont incompatibles les bottes poussiéreuses et les lattes du parquet vernis qui ornent la maison. Je m'exécutais docilement en rentrant dans mon foyer.

C'est au matin du dimanche suivant...

La suite au prochain épisode
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Tag(s) : #En vers et en prose
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