Overblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Publicité

Il est toujours réjouissant de mesurer combien nous sommes encore attachés à l'Art ; vous savez celui qui offre du plaisir à nos sens sans pour autant que nous ayons à rémunérer ce moment volé à l'éternité. Car il s'agit bien d'éternité, même éphémère (et je vous fais grâce des contradictions) que de s'apercevoir combien la création est féconde quand elle s'expose dans les rues de notre ville. Cette fin de semaine en était l'illustration vivante et l'inventivité des exposants n'avait aucune limite si ce n'est celles qui président à l'espace occupé par chacun dans l'art qui est le sien. De poteries en bijoux, de sculptures ferriques ou féeriques en tableaux exposés dans une chapelle, l'art avait pris possession de la cité. Je suis le premier à m'en réjouir même si je peste de ne voir que peu de nouveautés dans l'expression quotidienne de mes concitoyens.
J'en viens parfois à m'interroger sur le rôle marchand que l'on veux bien faire jouer à la création. Car ils ou elles sont peu nombreux à ne pas mettre en avant le prix de telle ou telle œuvre même si un artiste qui a le ventre vide est voué à la faim ou à la fin. En fait, c'est dans ce genre de manifestation que l'on rencontre ce sculpteur de fer, cet animateur radio qui joue avec les mots et les sons, ce dessinateur de l'instant sur le pavé, cette main d'où jaillit la cannette, comme monte la glaise avant le four, cette voix qui ressuscite le chant d'un passé profond... Tous autant qu'ils sont, plus bénévoles que marchands du temple, plus animateurs d'un jour qu'engoncés dans leur tour d'ivoire.
Un de mes regrets est de ne pas pouvoir essayer toutes les teintes de cette palette des expressions humaines et de ne pas voir se côtoyer l'art du quotidien avec l'art de l'exception puisque les deux ne se croisent que bien rarement à mon sens et encore en des circonstances tellement fortuites.
Peut-être cela serait l'essence du populaire qui manque à nos yeux profanes et aveuglés ? Et les allées du marché ont gardé la multitude des visages.
Quand à la création, elle peinait à capter le regard des passants. En ce dimanche matin, le cochon avait la part belle sur les étals et avait les yeux de Chimène pour les ménagères alors que bien maigres étaient les recettes des artistes dans la rue contiguë. Dans ce monde injuste qui ne laisse en partage que la misère et les fins de mois difficiles, le combat reste inégal et l'art ne nourrit malheureusement pas autant que le c....


Démocrite le 22 Avril 2008

 

Publicité
Tag(s) : #Chroniques
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :