Je débroussaille un sentier,
Menant à demain
Derrière, la forêt épineuse,
Obscurs de désirs
Mais seul un tapis,
Mousse de tendresse
Précède tes pas ardents
O combien si fragiles…
Ma plume s’est brisée au chemin,
Tournant
Caillouteux, cabotin à souhait,
Force acquittée…
Déroutantes comme une calculatrice,
Aux piles usées
Tes lettres démangent ma mémoire,
En de multiples appels
J’ai repris mes raisons,
Cloches tintamarres
En une trace confiante
D’humiliations en livres aux pages blanches
Inscrites de luttes bout à bout.
Je débroussaille un sentier
Et je t’emmène pour demain
Devant un soleil espiègle
Qui de tendresse en caresses
Raffermit tes pas,
Mes gestes tremblants,
Maladroits d’impatiences,
Réveille ton corps,
Souple aux rêves déjoués,
Enserrent tes bras, ton visage,
Et mes lèvres timides effleurent
Le bout de tes seins, le bout !
A bout de nerfs, a bout de souffle…
Que commence le marathon !
(La route arpente comme un serpent louvoie)
Les lignes sont droites,
Et ma plume débroussaille d’amour
Les amertumes sont inactives
A la violence des horizons
A bout de souffle !
La banlieue écrase, étouffe,
A qui veut l’entendre.
Tu es là, pure enrobée d’éclat de rire
Les rues sont désertes
Comme d’autres cultivent les individus dans des serres-bétons.
Tu es là, au procès de la vie
Maitresse, avocate de notre avenir !...
Je suis accusé,
Accusé devant tous,
De nous vouloir un peu de bonheur.
Extrait d'Exils, Contre-Exils à paraître prochainement!