Tu as mal au ventre
Les mains abîmées
Du décadent morne du travil
Les gouttes du vent s'en mêlent
A la sueur grise du temps
Chaque matin, le doute reprend
Les yeux clos, de sommeils agités
Où les rêves ne font pas de profits
Comme un amer goût d'interdits
Tu as froid à l'âme
Tes bottes collent
Aux insultes de leurs suffisances
La fatigue tiraillent les sens
Tu luttes, tu t'exprimes mais en vain
Les hommes-argent grignotent ton savoir
Sur un ton de maître, défi arrogant
Relève la tête, serre les dents
Tu es l'avenir, construis le présent
Tu as faim à ton coeur
D'amour sans pareil
Victime à l'autel de la jeunesse
Sonne le glas de tes désillusions
Je t'apporte plus que des victoires
Et j'accroche les phrases joyeuses
Sur ton rire franc, retrouvé
Tu distilles la couleur de mes mots
De mon chant au départ
d'un monde nouveau.
Montauban 1981